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Conscience d'être, revenir à l'essentiel
5 et 6 décembre 2020 (initialement Genève)
Conscience d'être, revenir à l'essentiel

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Comment absorber le prana ? Peut-on arrêter de boire ?

Comment absorber le prana ? Peut-on arrêter de boire ?

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Les gourous sont en train de disparaître...

L'âge des gourous et des disciples est en voie de disparition
Le moment de la révélation spirituelle transmise de seconde main tire à sa fin.
Une nouvelle ère de la relation enseignant-apprenant démocratique commence.
Dans laquelle nous sommes tous des enseignants et tous des étudiants.
Et nous sommes tous des expressions du Un.
Et nous avons tous accès direct au Divin.
Et aucun gourou n'a la Réponse finale.
Et nous sommes tous libres de poser des Questions.
Je n'ai pas de gourou. Je n'ai jamais eu de gourou.
Ou plutôt, la vie elle-même a été mon plus grand gourou.
La douleur a été mon gourou. La joie a été mon gourou.
Le chagrin le plus profond a été mon gourou.
Chaque relation a été mon gourou.
Chaque mort a brisé mon cœur ouvert, m'a appris, et m'a sauvé.
Chaque moment a transmis l'enseignement.
Chaque déception m'a amené plus près du Sol,
Plus proche de la paix qui est ma propre absence.
Le gourou n'a pas été trouvé dans un ashram en Inde.
Ou dans les livres anciens.
Il a été trouvé Partout.
Dans les amis, les amoureux, les étudiants, les enseignants, les étrangers sur le bus No 23.
Mon chat.
Un cœur brisé se réparant.
Une chanson à la radio qui m’a soudain laissé sans voix.
Une opportunité manquée.
Une promesse tenue, ou non tenue.
Vous faites tous partie de cette pièce divine, amis.
Ce paradis dans lequel chacun reçoit exactement ce dont il a besoin.
Pas toujours ce qu'il veut, mais toujours ce dont il a besoin.
Et vous êtes tous tenus dans les bras du Bien-aimé,tous sans exception.
Appelle-moi gourou, appelle-moi non-gourou,
appelle-moi charlatan.
Appelle-moi ami, appelle-moi désordre narcissique.
On s’en fout.
Ignore complètement mon chant.
Honnêtement ça me me dérange pas.
Je t'aime, et j'aime cette vie parfaitement cassée et ouverte
Où nos conclusions explosent continuellement
Comme des étoiles en train de mourir.

Jeff Foster

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Sri aurobindo ou l'aventure de la conscience

Présentation de l'éditeur

Il y a un Sri Aurobindo révolutionnaire, un Sri Aurobindo philosophe, un poète, et un visionnaire de l'évolution. Il n'est pas seulement l'explorateur de la conscience, c'est le bâtisseur d'un monde nouveau. Car " l'homme est un être de transition" écrivait-il au début du XXe siècle.

Cette introduction à Sri Aurobindo (troisième édition revue et corrigée) est désormais un classique, traduit dans plus de douze langues. Elle ne nous dit pas seulement l'histoire de sa vie, en elle-même une aventure passionnante ; l'auteur, Satprem, nous invite aussi à une exploration méthodique du " yoga intégral " de Sri Aurobindo, et nous montre comment il mène à une " réhabilitation divine de la Matière " et donne à notre évolution douloureuse son sens et son espoir.

Sri_Aurobindo__ou_LAVENTURE_DE_LA_CONSCIENCE.pdf

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La réalisation

D'abord je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. Ce nouvel état d'être m'est tombé dessus du jour au lendemain, ou presque...! Quelques prises de consciences, quelques méditations étranges, quelques ressentis nouveaux dans mon corps et paf! C'était parti. Je me suis réveillée un beau matin avec l'univers entier qui vibrait en moi, avec une foule de nouveaux amis dans ma tête (!), cette conscience qui s'ouvrait à une autre réalité, une réalité bien cachée en chacun de nous. Une réalité incomprise par notre ignorance que nous nommons le savoir... Nous sommes si arrogants dans notre ignorance que nous en instaurons des systèmes que nous imposons ensuite au reste du monde, dans le plus complet déni de notre unicité et au mépris de ce qu'il y a de plus précieux ici-bas: Notre être, cette parcelle d'éternité vivant en nous. Nous la nions, nous l'anesthésions, nous l'étouffons sous nos croyances, nos conditionnements et sur ce que les autres croient bon pour nous. Si la recette fonctionne pour les autres, pourquoi ne fonctionnerait-elle pas pour moi? C'est ce que j'ai trop longtemps cru, aveugle que j'étais de ma propre nature.

Ensuite, j'ai cru que je comprenais. Parce que je voulais comprendre, j'ai lu, j'ai écouté les autres, parfois même je leur ai accordé toute l'autorité sur un sujet que je croyais universel et semblable pour chacun. Des sages avant nous sont passés et nous ont dit comment cela fonctionnait. Comment cette âme se développe et grandit en nous, comment nous reprenons contact avec ce qui est. Ces sages ont développé des modèles, des théories, ont cartographié l'invisible, ont touché à des états de conscience accessibles à peu de gens et en sont revenus avec la vérité. C'est ce que l'on nous a dit, alors, j'ai lu et j'ai écouté les sages, pensant que les choses se passaient de la même façon pour tout le monde. Oh, ils ne nous ont pas menti! Il y a une vérité dans tous ces enseignements, une sagesse éternelle. La Source de toutes choses est la Source... de toutes choses! Y compris la sagesse et la vérité. Alors, lorsque nous y accédons, nous touchons tous à cette sagesse et cette vérité. Mais cette route, cette carte à suivre menant à cette Source à laquelle notre être veut s'abreuver, elle est différente pour chacun de nous. Et cette vérité, cette sagesse et tout ce dont nous nous nourrissons lorsque nous nous abreuvons à cette Source, s'exprime différemment d'une personne à l'autre, parce que tous et chacun nous sommes une parcelle de tout ce qui est et qu'il n'y aura jamais suffisamment de parcelles pour donner une représentation juste de l'Absolu.

Alors, il n'y a pas de chemin à suivre autre que le vôtre. Il n'y a pas de recette pour réaliser ce que vous êtes, tout au plus des petits cailloux semés sur votre chemin pour vous dire que vous êtes sur la bonne voie, une voie suivie par d'autres avant vous. Mais il arrivera un moment où il n'y aura plus de cailloux, où vous serez seul sur le chemin et lorsque vous arriverez à cette étape de votre voyage, vous devrez avoir la foi. La foi en vous et en ce que vous portez : Votre lumière intérieure qui vous guidera à cette Source où vous pourrez vous reposer, vous ressourcer et dire enfin : Voilà qui je suis.

C'est le plus beau des voyages, mais le plus difficile également. Comme dans tous les voyages, il y aura des moments d'extase profonds, des prises de conscience importantes, mais de grands moments de doutes et même d'incompréhension. Vous visiterez un pays où la langue est différente. En fait, c'est un pays où il n'y a pas de langue, pas de mots, pas de concepts mentaux et où vous perdrez tous vos repères par moments et où seule votre intuition pourra vous guider. Mais faites-vous confiance, l'intuition est une forme d'intelligence insoupçonnée, la plus grande de toutes. Accueillez vos doutes, vos interrogations pour mieux les laisser aller et vous laisser porter par ce qui est là, tout à l'intérieur. Parce que ce qui est en vous connaît le chemin mieux que quiconque, c'est votre seul véritable guide, celui à qui vous pouvez, non vous devez, remettre votre autorité, cette autorité que vous avez conférée à ce qui est à l'extérieur de vous; la société, votre famille, vos amis ou qui sais-je encore. Mais surtout cette autorité que vous vous êtes imposée en croyant que vous deviez agir de telle façon, être telle personne dans la vie, où vous rendre à tel endroit. Il n'y a rien de spécifique à faire, vous n'avez pas à être personne d'autre que qui vous êtes réellement et il n'y a nulle part où aller.

Vous entendrez souvent en spiritualité que c'est un piège de l'égo que de se croire spécial. C'est vrai et c'est faux. C'est vrai parce que ce que nous sommes là, tout à l'intérieur n'est rien de spécifique. Ce n'est pas un comptable, une mère, un héros, une victime, une personne malade ou toute autre identité que vous vous êtes forgée avec le temps. Non, c'est juste cela. Cela est... Et cela est une parcelle de tout ce qui est, identique en essence de la personne à côté de vous, dans une universalité absolument magnifique. Mais c'est aussi faux, parce que lorsque vous aurez complété votre voyage intérieur, vous en reviendrez pour mieux exprimer toute la richesse de vos découvertes. Et la façon dont vous choisirez d'exprimer ce que vous avez découvert, ça c'est unique, unique à vous. Vous aurez le goût de créer quelque chose d'unique et vous devrez le faire, c'est notre responsabilité à tous et chacun qui avons la chance de faire ce voyage.

En bout de ligne, c'est ça que j'ai compris. Je ne sais pas si c'est cela la réalisation telle qu'elle est enseignée par les sages parce que j'ai fini par me perdre un peu dans toutes ces lectures et ces enseignements, je me suis lassée de me faire dire quoi faire pour être. Mais c'est ma réalisation à moi, ce que je suis s'exprimant au travers cette forme que l'on m'a donnée pour voyager ici-bas. Je me sens complète, je me sens libre et je me sens en paix. Le reste? Ces états transcendants, ce détachement sans émotions, cette absence d'égo, cette illumination après laquelle tout le monde semble courir? Je vous les laisse volontiers, ce n'est pas ça la vie. La vie c'est le mouvement, c'est comprendre que tout est éphémère et que seul le moment que nous vivons actuellement n'est pas une illusion. Et dans ce moment, il y a de la joie, de la peine, des difficultés et toutes sortes de choses absolument merveilleuses pour qui sait regarder les choses avec lucidité et ressentir plus que penser. C'est dans le coeur que se vit le moment présent, pas dans la tête et un coeur ça vit, ça pulse et ça ressent beaucoup d'amour. Tellement d'amour!

Soyez vous pleinement, dans l'amour de ce que vous êtes, parce que vous êtes l'amour et la lumière elles-mêmes...

Diane Gagné

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Tellement rien à faire ...

J'en ai tellement rien à faire des questionnements sur l'être, des concepts de dualité ou d'éveillés, de quêtes ou de missions, à tort ou à raison.

Tellement rien à faire...

Parce que quand la pluie coule sur mes joues et que je goûte sa fraicheur, c'est la transparence qui est bue pour offrir son diapason. Et quand le vent danse dans mes cheveux, il dépose au creux de mon oreille l'accord secret qui le met en mouvement au delà du son. Et quand mes pieds caressent le sol, je sens la chaleur de celle qui me porte, toute ronde, comme le soleil et le monde. Et quand je croise un regard ou un coeur, c'est la vie qui pétille de l'intérieur et se prolonge pour se rejoindre elle-même et devenir goutte qui perle au coin de l'oeil qui s'émerveille. 
Je préfère être marcheuse sous le vent et semeuse de pluie, pour rafraîchir l'instant. Et aussi souffleuse d'étoiles et tisseuse de temps, pour raviver le regard d'enfant. Et puis encore rêveuse de monde et toucheuse de coeur, pour que du bout des doigts se batte la mesure qui dessine des sourires sur les visages et des éclats de rire qui se propagent... Et leveuse de voile, pour que du ciel, s'offre toujours la magie des étoiles.

Tellement rien à faire d'autre que d'être chaque jour une berceuse d'aurore qui se lève et honore la simplicité du vivant.

Alexandra Monnin

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L'unité

L’Unité, ou, lorsque tout ce qui est en haut descend en bas et que tout se fond en un être, à la fois homme et femme. Quand tous les contrastes deviennent un seul concept en équilibre, que le relatif et l’absolu se rencontrent pour devenir la vie dans toute sa beauté et sa simplicité. Quand vous ne faites que vous observer au travers tout, que tout vous traverse, débutant et se terminant en vous.

Je ne suis rien et tout à la fois;
Je suis sans commencement ni fin;
Je suis l’humain et l’Univers;
Mais en même temps, je suis un Être nouveau, à la fois personnel et impersonnel;
Cela ne change rien à ce que j’étais mais change tout en même temps;
Je ne suis pas quelqu’un, je ne suis personne.

Je suis une conscience, voilà ce que je suis. Un Être conscient de ce qu’il est sur le plan céleste et sur le plan terrestre, qui comprend le sens de son existence.

Qui comprend que nous ne sommes pas ici pour accumuler des biens matériels, devenir quelqu’un d’important ou accéder à un statut social quelconque. Nous n’avons pas à GAGNER notre vie, mais à la vivre dans le respect de soi et de son prochain. S’aimer pour ce que nous sommes, parce que nous sommes les enfants de Dieu et que nous sommes EXACTEMENT comme il nous a voulu : Imparfaits avec un potentiel d’évolution illimité. Pour évoluer, il faut s’ouvrir à l’expérience de la vie, avec tout ce qu’elle a d’exigeant et d’imprévisible. C’est seulement ainsi que nous pouvons évoluer et trouver un sens à ce que nous sommes. Nous ouvrir à notre prochain, qui est également notre semblable, mais notre miroir et notre plus grande source d’apprentissage.

Travailler au mieux-être de nos semblables, c’est s’élever dans la création et se recomposer comme être complet, dans la pleine conscience et la paix de savoir que nous sommes justes et bons dans nos actions.

Être présent, être ouvert et être attentif à soi comme à l’autre, tel est le défi que nous avons tous. Nous extirper du mouvement perpétuel de nos pensées, comprendre ce que nous sommes. Que nous ne sommes pas toutes ces choses auxquelles nous nous identifions et que nous sommes des êtres purs. Laisser aller les blessures, se pardonner à soi comme aux autres, embrasser nos limites et comprendre celles des autres. Telle est la seule façon de s’affranchir de soi-même, de transcender nos conditionnements pour pouvoir enfin accéder à la vraie connaissance.

Je suis à la fois forte et fragile;
Je peux créer ma vie et la rendre telle que je la souhaite.

Chaque jour je construis l’édifice de mon existence, brique par brique, consciemment par mes pensées, mes paroles et mes actions. Avec cette force vive qui me porte, je nourris mon entourage. Je peux les nourrir, les amener dans la lumière et les élever avec moi dans la paix et l’amour ou je peux demeurer dans l’inconscience et laisser les forces de la nature agir sur mes paroles et mes actes en fonction des évènements du moment et des forces en opposition.

Ma responsabilité est d’observer, de demeurer centrée et alignée, de façon à être un phare et non une bouée qui finit par sombrer sous son fardeau.


BrahmaShakti
25 septembre 2018
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L'enseignement de Seth

C’est avec une réelle joie que je partage les magnifiques enseignements de Seth. Ces 2 documents PDF sont la version antérieure des livres actuellement disponibles en librairie sous le titre : Seth parle : l’éternelle validité de l’âme, tome 1 et 2. Ces enseignements, dictés au début des années 1960, ont été offert à l’humanité pour accompagner l’éveil de sa conscience. Puissent-t-ils être un révélateur de la beauté et de la puissance créatrice qui vous anime.

Enseignement_de_Seth-1.pdf     Enseignement_de_Seth-2.pdf

L'éditeur dit en 4ème de couverture : La vie après la mort, la réincarnation, les rêves, la nature du bien et du mal, le processus par lequel nous créons notre réalité à partir de nos idées et de nos émotions, autant de sujets auxquels ce livre apporte un éclairage unique. Il dévoile des univers vertigineux que la physique quantique vient corroborer, nous invite à regarder vers l'intérieur pour accéder à d'autres niveaux de réalité, et à nous changer nous-mêmes pour changer le monde. Les livres de Seth sont particuliers, car leur auteur n'a pas de réalité physique. En effet, c'est dans un état modifié de conscience que Jane Roberts reçut mot à mot le message métaphysique dicté par « l'essence d'une personnalité non incarnée » se nommant Seth. Ainsi naquirent ces textes fondateurs qui, quarante ans plus tard, apparaissent comme la source d'où jaillit le mouvement des spiritualités nouvelles. Publiés en dix-huit langues, les livres de Seth dépassent les sept millions d'exemplaires vendus. Seth est considéré par des millions de lecteurs comme le maître spirituel qui leur a ouvert la porte vers d'autres niveaux de réalité. Dès les années 1960, avant Deepak Chopra ou Eckhart Tolle, Seth se situe à la source d'une nouvelle vision du monde où chacun crée sa propre réalité. Cet ouvrage est le premier des livres de Seth, et le plus fondamental. L'auteure : Jane Roberts (1929-1984) est née et a vécu dans l'État de New York. Auteure d'une trentaine d'ouvrages (poèmes, nouvelles et essais), elle a, pendant vingt ans, prêté sa voix au message de Seth, annonçant le phénomène du channeling.

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Sois ce que tu es

Ce livre est un nouveau recueil des conversations de Ramana Maharshi regroupés par sujets, enrichi des plus récents documents découverts.  Télécharger en PDF  Sois ce que tu es.pdf

  1. Le Soi : La nature du Soi - Prise de conscience du Soi, non-connaissance du Soi. - Le Jnani.
  2. II. Voie de l'investigation et voie du renoncement : Auto-investigation - Théorie, Auto-investigation - Pratique, Investigation du moi - Les idées fausses, Abandon.
  3. Le gourou : Le gourou - Silence et sat-sanga.
  4. Méditation et yoga : Méditation et concentration. - Mantra et japa - La vie dans le monde - Yoga.
  5. L'expérience : Samadhi - Visions et pouvoirs psychiques. - Difficultés et expériences.
  6. Théorie : Théories de la création et réalité du monde. - Réincarnation. - La nature de Dieu - Souffrance et conduite morale. - Karma, destin et libre arbitre.

"Avant même que ma pensée n'ait pu le reconnaître ni surtout l'exprimer, l'auréole intime de ce Sage avait été perçue par quelque chose en moi, au plus profond de moi-même. C'était un appel qui déchirait tout, qui fendait tout, qui ouvrait tout grand un abîme." P. Henri Le Saux (Swami Abhidhiktananda), Souvenirs d'Arunâchala p. 27, 28.

"La vie et les enseignements de Sri Ramana sont importants, non seulement pour l'Indien mais encore pour l'homme occidental. Ils ne sont pas seulement un document humain, mais un avertissement pour une humanité qui risque de se perdre dans le chaos de son inconscience et de son insuffisante maîtrise d'elle-même." C. G. Jung (Psychologie et Orientalisme, p.250)


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Vivante

N’utilisons pas la spiritualité pour nous planquer de notre humanité.

Soyons vivant, dans une profonde adéquation avec le réel.

Ce que nous sommes est aussi dans le fait de pouvoir être affecté, bousculé, dévasté par la vie et les émotions.

A travers le texte qui suit j’ai eu envie de partager ce que je ressens de biaisé ces derniers temps dans une forme d’enseignement sur la quête de soi. Je trouve que trop souvent, parfois malgré nous, et malgré l’authenticité et la vérité de ce que nous partageons, nous faisons miroiter un Eden où tout serait parfait, pure, intouchable, super à vivre, alors que la vie n’est pas toujours super, il y a des moments difficiles, parfois très difficiles, quelque soit notre clarté sur nous-mêmes et l’ouverture qui déjà préside en nous.

Alors, si vous avez envie d’être vivant, quoi qu’il arrive, ce texte est pour vous.

Si vous voulez trouver un endroit confortable grâce au chemin spirituel, ne perdez pas votre temps à le lire.

Beaucoup ici espèrent s’éveiller à la réalité, voir leur vraie nature qui est la Vie Libre.

Certains disent le vivre.

Et parfois nous l’attendons ou le vivons plus comme une expérience transcendante qui nous protège de la vie alors qu’il s’agit essentiellement d’une clarté sur la réalité et d’un don de soi au vivant.

Clarté, ouverture et don de soi.

Voilà mon expérience.

Dans cette clarté, dans cette « ouvert », tout peut advenir, même le pire.

Nous utilisons trop souvent l’éveil à la réalité (ou sa quête) pour nous cacher de nos blessures profondes et de nos peurs : peur du corps, peur de la mort, peur de la vie, peur du monde dans lequel nous vivons.

J’ai toujours été dans une voie très incarnée dans la vie quotidienne et dans le corps, j’ai toujours été vigilante à ne pas échapper à la vie la plus banale et la plus crue, aux émotions les plus fortes, à mes propres blessures et résistances. Et je veille désormais, au grès des accompagnements et retraites que je propose, à ramener chacun dans sa vie, dans son quotidien, car c’est là que la plus haute spiritualité pour moi se joue.

Pourtant, la vie m’a offert de vivre pendant plusieurs années à partir d'un détachement : j’étais touchée, concernée par ce que je vivais, mais non affectée. Parfois ce détachement était si fort, que le monde pouvait perdre son sens, je le vivais en transparence, mais cela s’accompagnait aussi d’un déracinement du corps qui m’indiquait que je ne pouvais rester là, qu’il fallait revenir dans un ici et maintenant plus incarné.

Je savais par ailleurs que certaines blessures et peurs n’avaient pas été totalement rencontrées et qu’il me faudrait y revenir un jour.

Le chemin est un long déconditionnement et cela prend de nombreuses années, ne vous leurrez pas la dessus.

Il faut du courage pour être totalement, inconditionnellement soi/Soi, cette profonde vérité de l’instant, cette authenticité d’être, cette immobilité hors du temps, ce silence au coeur même du bruit et du chaos du monde.

Tout cela au sein même du monde et de la vie.

Pas en dehors ni au delà ni au dessus.

La vraie tranquillité ne se vit pas perché dans la transcendance mais ancrée et incarnée dans le réel le plus cru.

Le vrai silence inclus notre douleur la plus intime.

Et le réel est constamment là sous nos yeux, mais nous voulons le transformer, le transcender pour le manipuler et en faire quelque chose qui nous satisfait.

Lorsque la grâce de l’éveil à la réalité nous est donnée, nous faisons parfois la même chose en utilisant l’énergie disponible pour nous fixer dans un état de joie très fort, dans un absolu intouchable, dans un impersonnel parfois puissant, dans un amour transcendant tout, qui peut pourtant n’être encore qu’une façon de sublimer le réel pour éviter notre humanité, dont la souffrance.

Et nous pensons que nous sommes arrivés quelque part, que tout est vu.

Et certains enseignent à partir de là, entrainant d’autres personnes là, par l’énergie puissante de la transcendance.

Et plus nos souffrances sont profondes et plus nous souhaitons aller (ou rester) là.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas vivre ça, si c’est ce qui se présente, je dis qu’il faut affiner notre clarté pour voir qu’on s’est « arrêté », « fixé » dans une expérience parce que nous avons une tendance à vouloir éviter quelque chose qui semble douloureux ou nous fait peur. Je rencontre des personnes qui ainsi se « fixent » pendant des années, par manque de clarté. Plus on attend et plus le retour au réel est difficile.

Alors, à un moment j’ai demandé à la vie de me montrer tout le prisme de la réalité, de m’aider à aller encore plus profondément dans mon humanité.

Et la vie m'a fait cette grâce de me ramener dans la possibilité d'être affectée.

Plus aucune distance.

D’être même émotionnellement totalement submergée.

De voir qu’une partie de moi n’avait plus envie de vivre.

J’ai vécu en parallèle un retour massif de l’égo, du moi contracté.

A nouveau très prise dans les phénomènes.

Et une certaine forme de souffrance est revenue, alors que ce mot avait depuis 7 ou 8 ans perdu son sens premier et ne me concernait plus vraiment.

Putain bordel de merde.

Immense leçon d'humilité.

Immense grâce.

J’avais déjà vécu de nombreux « allers et retours » au fil des ans, et peu à peu quelque chose s’était intégré en moi, une simplicité, un sentiment de douce continuité, une tranquillité d’être, au coeur de chaque instant, quoi qu’il soit.

J’avais intégré profondément le fait qu’il n’y a pas d’aller et retour, qu’il n’y a qu’un mouvement au sein d’un même coeur.

Ce coeur que je suis, espace ouvert.

Et pourtant, au sein de la même présence, de la même ouverture, soudain une forme de désespoir est venu me chercher d’une façon crue, sans échappatoire.

J’entends d’ici certains dire (et j’ai pu me le dire ici ou là) : « tu es encore dans l’attachement, il n’y a personne, tout est transparence, tu saisis l’expérience, blablabla ».

Même si c’est vrai d’un certain point de vu, car cela exprime certains aspects de la réalité, cela n’en représente pas tous ses aspects, et nous avons tendance pourtant parfois à nous arrêter à ce niveau de réalité sans explorer plus profondément, dans des zones qui nous font peur.

Or je sentais qu’il y avait quelque chose de plus profond à comprendre.

J’ai parfois lutté, résisté, je me suis jugée et je me suis rencontrée totalement dans cette résistance là, un niveau de résistance très profond, très viscéral, comme inscrit dans l’ADN de l’être humain. Cette résistance qui est fondée sur le réflexe de survie de l’humain.

J’ai alors senti en moi une invitation à un abandon sans pareil, inconditionnel à la vie la plus humaine qui soit.

Attachements aux phénomènes compris.

Car en quoi tout cela serait-il à exclure ?

Je l’ai partagé ici souvent : l’éveil à la réalité n’est pas un état, c’est une clarté profonde sur le réel.

Et le chemin est un dépôt profond dans ce réel, un abandon à ce qui est, quoi que cela soit.

Alors la seule même question demeure : quand tout « revient », la non distance, l’attachement aux phénomènes, la saisie, le rejet, l’inconfort, la tristesse, etc, etc, que suis-je ?

Car, malgré l’inconfort et ma très grande difficulté à revivre à partir de ce « moi » soudain à nouveau très contracté, il a bien fallu que je reconnaisse d’une part qu’il y avait un accord profond à vivre ça, et que par ailleurs : je suis toujours la même.

Dans l’absolu et le relatif, toujours la même.

Dans la tristesse et la joie, toujours la même.

Dans la tranquillité et le chaos : toujours la même.

« Toujours la même », non pas comme un état, mais comme une trame qui imprègne tout état et toute chose. Essence de toute chose. Quelque chose d’immuable au sein du mouvement et du changement. Les deux se vivant en même temps.

Alors vivre Ce Qui Est, quoi que cela soit.

L’instant le plus cru, le plus profond, quoi que cela soit.

Vivre tout.

Et la j’ai senti qu’il fallait me donner totalement à ça.

A ce vivant brut.

Totalement.

Consentir absolument à cette humanité là.

M’y donner, m’y déposer.

Mais pas un truc qui transcende, sublime, dépasse, accueille.

Pas de distance, pas de fuite dans l’absolu, le détachement, une fausse liberté qui ne serait en réalité qu’un éloignement factice du réel pour se planquer.

Plus profond que ça.

Pas un truc qui observe de loin, tel un témoin désincarné, la tristesse (et la joie ), un genre de « Mme ou Mr propre de la spiritualité » qui observe de loin la vie, « vous savez, très cher, cette manifestation qui n’est qu’un rêve, qu’une illusion, ce « moi » qui n’est qu’un personnage illusoire et factice ».

Ce serait encore une fuite.

Non, un truc vraiment vivant.

Une profonde adéquation à ce qui est, quoi que cela soit.

On m’a souvent dit que quand je partage, c’est vivant, profondément humain.

Alors encore plus vivante, encore plus humaine.

Et là c’est vraiment l’amour, celui de la Rencontre, dans cette humanité, entre toutes les parties de moi du plus sublime au plus désastreux. Tous aspects de moi.

Un abandon profond à cette humanité là.

Ce que nous sommes est aussi dans la possibilité d'être affecté, de saisir l'expérience comme sienne, d’être dévasté par l’émotion et de se prendre pour quelque chose ou quelqu’un.

Etre libre en étant affecté, dévasté par l’émotion, voilà l’ultime challenge.

Car tout cela aussi est un aspect de la réalité.

Sinon il n'y a pas Un mais Deux : ce qui n’est jamais affecté (absolu) et la possibilité de l’être (relatif). Ce qui est libre et ce qui ne l'est pas.

Ce que nous sommes est déjà ce que nous sommes.

Je l’ai dit mille fois ici, ne cherchez pas en dehors de votre corps, de vos émotions, de vos perceptions, de votre vie quotidienne, de vos marasmes.

Ce que vous êtes est là.

Dans mon expérience, il n’y a pas de non-dualité, parce qu’il n’y a pas de dualité.

Tout est la grâce, tout le temps.

Autorisez-vous à vous donner au joyeux bordel que vous êtes, si c’est cela qui se présente.

Apprenez à vous déposer dans cette humanité telle qu’elle se présente à vous à chaque seconde.

Il n’y a rien d’autre.

Juste vivant.

Séverine

www.laseve-et-lerien.com

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Croyance

J'entends souvent de braves chercheurs penser ou croire que l'éveil résoudra les problématiques présumées de leur personne... Ou renier leur réalisation pour cette même croyance! Bel espoir juvénile et inutiles souffrances puériles non fondées sur l'expérience directe de la réalité, mais basées sur une interprétation non vérifiée et non actualisée de celle-ci.

La croyance ou promesse répandue sur l'éveil se formule le plus souvent ainsi; "une fois éveillé(e) je vivrais dans un état de paix et de joie permanente (sous-entendu supérieur), et surtout je n'aurais plus jamais de problèmes!... et en plus j'aurais du succès!". Bien sûr ceci n'est que la pensée rêveuse et immature de la personne prise à son propre jeu et cherchant désespérement une porte de sortie de son propre drame... et qui, comble d'ironie, ne fait qu'y ajouter!...

Que penserions-nous d'une personne se réveillant le matin et qui déclarerait péremptoirement et solennellement alentour que la journée est finie? Le croirions-nous? A l'évidence non. Que croyons-nous donc? L'éveil n'est pas une fin, ni un but à atteindre, c'est l'entrée ou l'orée d'une vie en conscience. Yvan Amar disait; "L'éveil ne permet rien, c'est l'obligation au tout". Conscience oblige.

L'éveil est l'éradication de la croyance en la personne. La personne ne s'éveille pas, c'est l'être qui se reconnaît en tant que non-personne, en tant que pure et infinie conscience! La personne n'a pas de réalité propre, c'est un masque d'emprunt complètement fabriqué et conditionné. Ce que vit la personne est insignifiant en soi, succès ou échecs, simples variations sur le thème de l'incarnation, ni bien ni mal, juste la jouissance des différences de potentiel du jeu et du rêve...

L'être, même si source, origine et fin de toutes perceptions, y compris la perception de cette personne et de ses pensées, aussi lumineuses ou confuses soient-elles, l'être n'est en aucun cas dépendant ni conditionné par celles-ci. L'être n'a aucun problème avec les apparentes divagations et tribulations de... personne!

Cet être inaliénable et inaliéné, toute conscience, tout amour et toute liberté, est ce qui est redécouvert et réalisé dans l'éveil, ainsi que révélée l'illusion du monde de la séparation et de la personne. Nonobstant, le jeu apparent du monde et son déploiement continuent! Là est le mystère insondable et sa magie!

Encore une fois, à ce point, tout va dépendre d'où notre attention se focalise et s'investie!
L'éveil n'est pas de l'ordre d'un confort personnel; c'est simplement la réalité.
Et la réalité c'est qu'il n'y a personne !

Charles Coutarel Sattoji

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Je suis cela

Voici un itinéraire parmi d’autres, une pratique du retour de l’exil, un chemin vers la demeure, parfois oubliée, reniée ou bafouée, du Réel souverain, qui selon la parabole ne cesse de nous attendre, c’est-à-dire d’être ce qu’Il est indéfiniment disponible à l’écoute de notre écoute attentif à notre attention.

Ces exercices n’ont pas d’autre but que de nous faire ressentir que « Je suis » est là, vivant, conscient, libre et bienveillant, et de nous recentrer dans sa présence réelle.

Cette présence est « grâce », « gratuité », qui ne se mérite ni ne s’ achète. Ces exercices devraient donc se pratiquer sans attente et sans exigence.

Plus qu’ à tout acte de volonté ou d’effort le Don de l’Être est offert à notre détente et à notre disponibilité, c’est-à-dire à l’essence du cœur qui est gratitude.

La grâce ne peut pas nous manquer. Le Réel, comme le Présent, ne peut pas nous manquer, il est toujours là !


1. Demeurer ou revenir sans cesse dans la simple sensation :
« Je suis » – l’éprouver dans tout mon corps, tous mes sens.
Je suis vivant – cela respire, cela est agréable, désagréable, plaisant, douloureux.
Je suis cela – le souffle, le plaisir, cette douleur.
Plus profondément :
Je suis vivant,
je suis la Vie,
je suis la Vie qui souffre, qui jouit, qui meurt, qui passe, qui se donne,
qui rend vivant tout ce qui vit et respire :
les pauvres et les riches,
les grands et les petits,
les justes et les injustes.
Je suis la Vie éternelle.
« Je suis ».

2. Revenir sans cesse dans la simple pensée :
« Je suis »
je suis conscient,
non seulement je suis la Vie et les manifestations de la Vie,
mais je suis conscient d’être vivant, d’être « je »,
une forme unique et particulière dans laquelle s’incarne la Vie.
Je suis conscient d’être vivant, je suis conscient d’être, d’être cela.
Je suis conscient d’être cette conscience d’être.
Je suis Conscience.
Je suis Lumière qui n’efface pas les choses,
Mais leur permet d’être connues, de les connaître et d’être aimées.
Je suis une clarté qui éclaire tout ce qui vit et respire,
Les justes et les injustes, les riches et les pauvres, les grands et les petits.
Je suis Conscience, je suis Lumière,
Je suis Cela.
« Je suis ».

3. Revenir sans cesse dans la simple intuition ou pressentiment :
« Je suis ».
Je suis libre
De tout conditionnement,
De toute limite,
De toute mémoire,
De tout savoir,
De toute hérédité,
De tout passé,
De tout avenir.
Je suis un espace qui contient et accueille tout ce qui vit et respire :
Les justes et les injustes, les grands et les petits, les pauvres et les riches.
Je suis présent,
Présence réelle du Réel souverain,
Je suis Cela,
L’inconditionné, l’innommable, l’impensable,
L’intangible, l’incréé, l’infinie liberté,
Pur espace, pure vacuité,
Je suis Cela.
« Je suis ».

4. Revenir sans cesse dans le simple sentiment :
« Je suis ».
Je suis bonté,
Bienveillance,
« bien diffusif de lui-même »,
Amour-affection-compassion,
Je suis Cela.
Je suis un soleil qui brille et réchauffe
Les justes et les injustes,
Qui aime les riches et les pauvres,
Les grands et les petits.
Je suis l’Amour qui fait tourner la Terre, le cœur humain et les autres étoiles,
Je suis Cela.
« Je suis ».

Jean-Yves Leloup

Site de Jean-Yves Leloup
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L'éveil est un paradoxe

L'éveil est un paradoxe.

Cela dépend à qui vous vous adressez:

  • Il n'y a pas de chemin vers l'éveil, personne ne s'est éveillé, il n'y a ni progrès ni temps. Il n'y a rien que vous pouvez faire pour être ce que vous êtes déjà puisqu'il n'y a pas de "vous" du tout. Cela est vrai, d'un certain point de vue.
  • L'éveil est un processus, un voyage. Il y a un chemin apparent. Au fil du temps, les problèmes se dissolvent, la souffrance disparaît, une perspicacité plus profonde et plus subtile apparaît, votre centre de gravité se déplace de l'identité créée par le mental, vers votre véritable nature en tant que conscience elle-même. Cela est également vrai, d'un certain point de vue.

Qui pourrait nier la nature déjà présente de la conscience? Qui pourrait nier que vous êtes déjà ce que vous cherchez? Qui pourrait nier que, du point de vue de qui vous êtes vraiment, rien n'a jamais changé? Qui pourrait nier votre identité première comme la vie elle-même? Qui pourrait nier l'impossibilité d'éveil quand il s'agit d'un événement limité par le temps?

D'un autre côté, qui pourrait nier que, au fil des ans, vous avez souffert et vu à travers cette souffrance? Vous avez rencontré des défis et vous êtes passé à travers? Vous avez eu des aperçus de plus en plus profonds de votre vraie nature? Les choses qui vous dérangeaient ne vous dérangent plus? Vous vous sentez plus vivant, plus profondément relié, plus stable? Qui pourrait nier la nature sans cesse changeante de la forme? Qui pourrait nier votre humanité? Le changement que vous avez vu? La guérison? La connexion que vous connaissez maintenant?

Qui pourrait nier l'un ou l'autre aspect de cette vérité vivante?

Laissez l'éveil être un paradoxe, alors, et rendez-vous compte que le besoin de rester d'un côté ou de l'autre de la lame de couteau de l'éveil est simplement le besoin qu'a le mental d'avoir une position fixe. Laissez le mystère être le mystère.

Laissez les enseignants dire "il n'y a ni chemin ni individu" et comprenez ce qu'ils veulent dire. Laissez les autres enseignants dire "il y a un chemin et un vous qui l'empruntez" et comprenez ce qu'ils veulent dire. Réalisez que, quand il s'agit de l'éveil, il n'y a pas de guerre. Personne n'a raison, personne n'a tort. Il n'y a que des perspectives, et pas de vérité fixe, excepté la vérité qui permet à tous ces points de vue de se jouer.

Tenez-vous en à ce qui résonne. Suivez votre instinct. Aimez sa danse. Vous ne pouvez pas gagner, vous ne pouvez pas perdre.

Jeff Foster

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La création, un jeu avec soi-même

Il arrive que l'univers me semble hors du temps, reconstruit presqu’à l’identique chaque matin par celui qui en fait l’expérience. Dans cette perspective, nos recherches ne dévoilent pas le passé mais elles le composent en le décrivant. Les appareils que nous mettons au point pour explorer la matière et le cosmos façonnent eux aussi les découvertes et racontent une histoire en train d’apparaitre et non pas qui s’est produite avant ou ailleurs. Il n’y a plus d’avant ni d’ailleurs, juste une magie d’une puissance inouïe, d’une inventivité foisonnante, dotée de ressources illimitées.

Cet angle de vue est aussi troublant que vertigineux. Mais lui aussi est une création immédiate, un jeu avec soi-même, un grand-huit gratuit sur lequel la conscience s'offre des sensations en riant.

Patrice Roy

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Témoignages sur l'éveil

Un collectif où 17 éveillés partagent librement leur expérience d'éveil et répondent à un questionnaire commun. Un document inédit. Participants : Alexander Kimpe, Bruno Maillard, Prabhã Calderón, Claudette Vidal, Della, Michaël Szyper, Frédéric Samnidhi, Gérard, Marion, Janick, José Le Roy, Lionel Cruzille, Moine Gojo, Pascal Hastir, Patrick Vigneau, Somasekha et Suyin Lamour.

Pour télécharger, cliquer sur ce lien TÉMOIGNAGES SUR L'ÉVEIL

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Bien-aimé, souviens-toi ...

Bien aimé(e), souviens-toi...

Aime sans t'accrocher
Donne sans exiger
Reçois sans posséder
Perçois sans projeter
Observe sans juger
Concentre-toi sans tension
Travaille sans effort
Détends-toi sans paresse
Joue sans entrer en compétition
Jouis sans avidité
Réfléchis sans imaginer
Sers sans ostentation
Abandonne-toi sans hésiter
Mets en question sans dominer
Médite sans identité
Rectifie sans blâmer
Surmonte sans orgueil
Maîtrise sans réduire en esclavage
Ris sans cynisme
Pleure sans pitié
Affronte sans haine
Guide sans supériorité
Entre sans suffisance
Pars sans regret
Vis sans arrogance
Existe sans image de toi
Ne fais qu'un avec Dieu
Éveille-toi au Réel.


Mooji
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Re-éveil

Un oiseau sur sa branche chante dans le froid
le parfum d’une rose son épine qui pique
le bruit de la bombe qui explose dans le ciel ressemble au tonnerre qui annonce l’orage salvateur
le cri de l’enfant qui se réveille la nuit et qui sort de son cauchemar 
le souci de la mère soulagé par le rire de l’enfant
la montagne la colline la mer
le rire la soif
le reflet du soleil qui ébloui 
le grain de sable au milieu du désert.

Hervé Herzbrun

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Fluidification du cerveau

La Tradition nous dit : il y a une possibilité ; c’est la fluidification du cerveau.

Nous sommes un ensemble de dogmes et de structures figées, à tel point que notre cerveau est devenu rigide. On est dans une phase où notre cerveau n’arrive plus à gérer le renouveau, il vibre avec tout ce qui est ancien. La Tradition nous dit qu’il est urgent de le perméabiliser, le rendre souple. Le passage de la lumière réelle va fluidifier le cerveau et le coeur. Notre cerveau est devenu tellement rigide qu’on n’arrive plus à respirer la vie. Être heureux, c’est laisser passer cette lumière. Être heureux, c’est une réalité physiologique : le substratum physiologique du bonheur, c’est la perméabilité neuro cérébrale qui va laisser passer la lumière Réelle.

Pr Aziz El Amrani-Joutey

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Ici le monde

Être libre de ne pas être libre....et c'est d'une jouissance viscérale impossible à décrire...et ça peut être d'une souffrance impossible à décrire non plus (vraie et non vraie en même temps). La conscience qui a vu l'illusion du moi et a reconnu aussi l'accroche à une fausse liberté engendrée par cela réalise qu'elle ne peut être ailleurs que là ici maintenant et paradoxalement le monde revêt un caractère plus que réel encore car la conscience n'est pas influencée par l'histoire du monde du moi.....alors elle plonge au coeur d'elle-même et plonger au coeur d'elle-même c'est inévitablement plonger au coeur du monde peut importe ce qu'il s'y passe...elle est libre d'être libre ou pas, ca n'est même plus un questionnement...

Le monde n'est réel que grâce et par la conscience et lorsque cette évidence est réalisée, que ce soit un rêve ou pas n'est pas important, il est vu que le monde est impossible à séparer de la conscience et il devient caduque de le rejeter....pourtant le vivre et s'y plonger n'est pas non plus avec la même teneur que celle "pour de vrai" que vit le moi souffrant car ayant envie d'être le possesseur de tout, se croyant tantôt être à part, victime, ballotté par les aléas de la vie et tantôt heureux d'avoir réussi à obtenir, vaincre, évoluer. .....

...alors nous avons un moi qui pense que le monde est son monde, qui pense que la vie est sa vie, qui croit que le monde est vrai. Il se croit plongé dans le monde à fond mais le monde n'est pas réel du tout pour le moi, il ne l'est que pour la conscience qui voit l'illusion du monde....et le paradoxe est que la conscience ayant vu l'illusion du moi se plonge dans le monde encore plus profondément que le moi croit le faire car il est le seul lieu où elle peut se vivre, s'expérimenter....pourtant elle ne souffre pas de s'y plonger plus à fond, elle sait et reconnait le monde comme faux et vrai en même temps et étant ce qu'elle est elle-même.Elle ne peut alors plus refuser d'y être, il n'y a plus de moi pour refuser ou pas d'y être. Le jeu est joué avec l’énergie de la vie et il est encore plus prenant et véridique que celui du moi. Dans cette réalité plus vive que celle relative du moi qui pourtant souffre de penser le monde réel, elle, la conscience, ne souffre pas même s'il est vécu des choses que le moi jugerait négativement....c'est un paradoxe impossible à comprendre.

Je voulais sortir du monde que je pensais archi vrai et souffrant, qui selon moi me tenait en victime et je pensais qu'en toute conscience, une fois débarrassée de lui je serais sortie...mais pour aller où bordel, pour être et vivre quoi?? J'étais loin de me douter qu'il était possible de vivre les choses encore plus viscéralement que le moi, dans un monde encore plus vrai parce que vrai et non vrai en même temps.

À méditer: C'est de ne pas avoir trouvé de liberté possible qui rend libre et c'est d'avoir vu vraiment la fausseté du monde du moi qui le rend si vrai et beau au point que vouloir en sortir n'est même plus envisageable.

Je viens de saisir l'Amour vrai de la plongée volontaire au coeur de ce fabuleux monde. Je vous le dit, y a rien ailleurs. Moi, pas moi, conscience claire ou non, souffrance crue vraie ou pas, tenue à distance en se croyant ainsi liberté ou pas, rien de ça ne mène ailleurs qu'ici et maintenant.

Christine Morency

Blog Présence Absolue



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Je suis moi

Le paradoxe est le suivant : La constatation du fait qu'il n'y a personne est faite par qui/quoi ? Parce que ce serait complètement stupide de faire semblant que c'est impersonnel et que c'est la vie qui parle, qui affirme, qui déclare qu'il n'y a personne. La vie n'est pas un sujet, c'est un objet, c'est l'ensemble des choses vécues et de ce qu'il se passe naturellement, c'est de l'énergie pure, c'est toujours appréhendé par un sujet qui vit la vie, la voit, l'explore et en jouit ou pas. (Tout ce qui est perçu dans et par la conscience = objets, même immatériel...) Il y a donc bel et bien quelqu'un qui affirme qu'il n'y a personne...

Ce ne peut pas être quelque chose, Cela, Soi, ou n'importe quoi du genre qui affirme qu'il n'y a personne, car pour simplement le constater et le dire, ça prend un sujet !!! C'est ce que l'on dit dans le club des "éveillés", il n'y a personne, mais bien que ce n'est pas faux, ce n'est pas complet.

Le fait tout simple qu'il n'y a personne, cette constatation vécue de première main, le fait de le vivre apporte automatiquement l'intime et très vivante sensation de la Présence à Soi. À soi-même !! Non pas à soi en tant que quelque chose d'extérieur qui me fond dessus, non!, à soi-même en tant que sujet ultime, non entaché et non identifié par les mécanismes et conditionnements inventés qui composaient la personne, celle-là même dans la constatation du "il n'y a personne".

Dire "il n'y a personne" et en rester là sans s'apercevoir qu'il y a bel et bien encore un sujet "je" pour exprimer cela, c'est être scotché dans une dimension de conscience ultra froide, là où il n'y a plus d'interaction avec la matière, avec le relatif, avec ce qui compose le vivant....et pour l'avoir vécu, cela peut devenir très drastique et demander une énergie énorme pour maintenir cet espace où un retrait d'avec le monde et tout ce qui compose le JE dans toutes ses facettes est maintenu. Il est même possible d'endormir en soi la sensation intime du vivant, d'être sujet premier, unique et individuel.

Être sujet JE, se reconnaissant et vivant intimement la présence consciente à soi-même n'a rien à voir avec le je/moi psychologique qui lui s'attribuait une vie qu'il voulait façonner à sa manière. C'est cette partie là qui disparait dans le "il n'y a personne", et non pas le sujet pur Je, qui lui descend directement de la Source qui ne pouvait faire autrement que de s'extraire d'elle-même pour expérimenter.

Plus ce Je ultime est reconnu comme étant très intime et nul autre que Moi (je met la majuscule pour discerner d'avec le moi psychologique), plus la Présence est connue comme étant nul autre que Moi. Moi est impersonnel dans le sens qu'il n'est pas le moi psychologiquement façonné auquel Je s'identifiais avant de se reconnaitre sujet ultime. Moi est bel et bien là, vivant ! Si toute intimité d'avec soi disparaissait suite à la réalisation qu'il n'y a personne, il ne resterait que des robots mécaniques, des corps avec aucune constatation possible de son fonctionnement. Il ne resterait que des robots qui ne pourraient même pas affirmer qu'il n'y a personne ! Je suis étonnée de voir à quel point ce paradoxe est non seulement mal compris mais combien est véhiculé de travers ce concept de "il n'y a personne". Le chercheur reste avec une attente fébrile de disparaitre mais aussi une grande peur de ce qu'il deviendra, convaincu que l'état de cette réalisation est tellement impersonnelle que toutes sensation d'intimité et de présence à soi disparait. Y a de quoi avoir peur ! ....il est d'autant mélangé que par la suite on lui parle de Présence, de Soi, etc...comment conjuguer le fait de devenir complètement impersonnel avec le fait de vivre comme Sujet ultime ? se demande t-il.

Le sujet ultime Je ne pourra jamais être à part de ce que je suis intimement....à méditer par tous ceux qui se croient et se sentent disparus dans un no mand's land consciemment froid au point de pouvoir affirmer qu'ils n'existent pas sans ressentir qu'ils doivent bien pourtant être le sujet de première main puisqu'ils sont capables d'affirmer ne plus exister...

Christine Morency

Québec, février 2017

Page Facebook de Christine Morency

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Je viens du soleil

En 1981 est né en Argentine Flavio M. Cabobianco, qui à l’âge de trois ans a commencé à dire  je viens du Soleil et à parler sur la relation avec Dieu, la réincarnation, le karma, le temps, l’espace, l’amour, etc.

Le phénomène est d'autant plus surprenant que le jeune garçon n'a reçu aucun enseignement particulier sur les sujets dont il parle.

L'éducation qu'il reçoit de ses parents et la proximité de son frère Marcos - doté lui aussi de facultés particulières - lui permettent d'exprimer librement la conscience qu'il a des mondes spirituels d'où il vient.

À l’âge de huit ans, il écrit un livre, traduit dans toutes les langues " Je viens du Soleil ". Avec  ses mots et ses dessins d'enfant, il explique avec une vision synthétique des concepts tels que l'organisation de l'Univers avec ses différents plans d'existence. C’est une histoire étonnante écrite par un enfant hors du commun, éveillé et éveilleur, qui nous emmène dans son univers qui est celui de la Vie et du monde spirituel. Avec une infinie simplicité il nous exprime sa vision du monde et le sens de sa venue sur notre Terre. Il nous rend attentif à ce lien permanent qui est le nôtre entre notre nature terrestre et notre essence divine.

Il annonce : " Des enfants d’un nouveau type sont en train de naître. Ce sont des humains différents, bien que rien ne le laisse supposer. Je suis seulement l’un d’eux, un des premiers. L’humanité est en train de changer. La connexion avec le monde spirituel est plus ouverte. Tous les enfants peuvent à présent se maintenir unis à cette source spirituelle, à leur essence ".

Son livre est disponible gratuitement en version PDF   je-viens-du-soleil-de-flavio-cabobianco.pdf

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Méditation

Asseyez-vous, conscient de vous même pendant 10 minutes avec le seul but de rester éveillé à qui vous êtes vraiment. Gardez votre attention dirigée vers cet Espace d'accueil illimité pour toutes les formes, vers ce Silence  dans lequel les sons apparaissent, vers cette Claire Absence dans laquelle se déroulent les sensations corporelles. Peu importe les  pensées qui s'élèvent, remarquez qu'elles apparaissent dans cette Vacuité exempte de pensées. C'est tout ce que vous avez à faire. Vous n'avez pas à essayer d'arrêter de penser, par exemple, ou d'essayer de vous sentir en paix, mais soyez conscient d'être espace pour le processus mental ou pour tout autre ressenti.

Soyez attentif à l'Espace et à tout ce qui se produit en lui. Si vous faites cela, les choses vont se révéler à elles-mêmes et ensuite se dissoudre. Regardez simplement les choses se déployer dans l'Espace. Un semblant de compréhension peut survenir. Si c'est le cas, observez-les comme des choses apparaissant dans l'Espace. Voyez-les apparaître, puis disparaître. Soyez conscient de tout ce qui apparaît là autant que de vous, regardant depuis le Mystère ici. Ce Mystère que vous êtes. Si l'expérience est plaisante, soyez conscient de ce ressenti dans l'Espace. Ressenti plaisant là, absence de ressenti ici, gardez l'attention dans les deux sens. Si c'est désagréable, si vous n'aimez pas ce que vous ressentez, ou que vous êtes impatient que quelque chose d'autre arrive, notez aussi que cette réaction se produit dans l'Espace. En fait quand des ressentis difficiles apparaissent, c'est une bonne nouvelle !

Maintenant vous avez la chance de voir qui vous êtes vraiment dans une situation plus stimulante. Regardez qu'ici, il n'y a rien qui puisse être stimulé. Ressenti là-bas, absence de ressenti ici...  Réaction là-bas, absence de réaction ici. Le monde là-bas, Capacité pour accueillir le monde ici. Instant après instant, restez dans cette évidence visible que, au Centre, vous n'êtes pas une chose, mais une Capacité. Cette expérience de contacter et vivre la vérité de qui vous  êtes vraiment dans une situation difficile vous aidera lorsque vous aurez à vivre quelque chose de désagréable une autre fois. Vous saurez que vous avez la capacité et le pouvoir de voir cela depuis l'Espace  ici, et d'y réagir depuis l'Espace ici. Il n'est pas question d'avoir  une expérience particulière, mais de remarquer que, quelle que soit votre expérience, vous la voyez à partir de cette Capacité éveillée, à  partir de ce Clair Espace sans limite, de cet Œil unique, à partir de la Liberté, à partir de la Paix.

Richard Lang

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Un peu moins de soi et un peu plus de grandeur

Un peu moins de soi et un peu plus de grandeur ! Subjuguez, pliez, régnez, — contentez-vous d’être GRAND — et ça viendra tout seul ! Que cela ne soit pas par la force de votre volonté, mais par celle de votre nature profonde.

Marina Tsvetaeva

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Réaliser que vous n'êtes pas une personne

La réalisation, c'est réaliser le fait que vous n'êtes pas une personne.

Ce ne peut donc pas être le devoir de la personne dont la destinée est de disparaître. La destinée est le devoir de celui qui s'imagine être une personne. Découvrez qui il est et la personne imaginée se dissoudra. La liberté est toujours de quelque chose. De quoi serez-vous libéré ? Il est clair qu'il faut que vous vous libériez de la personne que vous prenez pour vous car c'est l'idée que vous avez de vous-même qui vous retient dans les liens.

Sri Nisargadatta Maharaj

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Les aphorismes d'Hervé

  1. La façon dont je me perçois modifie la façon dont je suis perçu(e).
  2. Ne pas blesser ni soi ni l'autre.
  3. je suis ce que je cherche, je ne cherche pas ce que je suis
  4. Comme je suis ça va.
  5. Au service du présent je suis.
  6. Pas de buts pas d'efforts.
  7. Je ne suis que le lien que je crée.
  8. Par la joie et pas pour la joie.
  9. Il vaut mieux se tromper sur son propre chemin qu'avoir raison sur le chemin de l'autre.
  10. La conscience est un cercle sans circonférence constitué d'une infinité de centres
  11. Je crée de la beauté là ou mon regard se pose.
  12. Il vaut mieux savoir où je suis que où je vais.
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Des jeux vidéos au jeu de la vie

Certains jeux vidéo disposent de magnifiques graphismes, d'un foisonnement de possibilités et d'une grande liberté de mouvement, de personnages imaginaires étonnants et de scénarios prenants. À la différence d'un film ou d'un roman, nous pouvons intervenir dans le déroulement de l'histoire et cette distraction m'apparaît comme une intéressante illustration du grand jeu de la vie.

Le personnage que je dirige, sur l'écran, me procure différentes sensations au cours de ses aventures plus ou moins dangereuses. Lorsqu'il chute accidentellement dans un précipice, l'impression de tomber dans le vide est très réaliste. La surprise et la peur sont bien là quand une créature volante attaque soudainement dans le dos, de même que le désir d'aller ouvrir les coffres dissimulés sous l'eau, dans des grottes ou au coeur de forteresses. Un des grands plaisirs est de se confronter à des situations variées, inhabituelles, menaçantes, alors que je suis en sécurité dans le salon. Quand le héros se fait rétamer par un adversaire plus malin ou plus puissant, cela me contrarie mais je peux reprendre la partie juste avant le décès pour chercher une autre stratégie.

Lorsque j'éteins l'écran, je ne cesse pas d'exister parce que l'univers virtuel s'évanouit. Je change simplement d'environnement en retrouvant le personnage que nous appelons moi. Une des différences avec le monde numérique est que les blessures ne guérissent pas aussi rapidement, que le corps une fois mort ne permet pas de revenir quelques minutes ou quelques heures en arrière pour jouer la partie différemment. Il n'y a pas non plus de télécommande pour mettre en pause les événements quand cela nous arrange.

Dans la vie dite réelle, pendant longtemps j'étais persuadé d'être l'auteur de mes pensées et de mes émotions. C'est moi qui décidais d'aller ici ou là, qui choisissais cette option plutôt qu'une autre, qui m'attachais à certaines convictions en toute liberté. Cependant, je n'ai pas conçu le programme qui a créé l'univers physique, je n'ai pas eu mon mot à dire en ce qui concerne le corps qui m'est attribué, le milieu social où j'ai débarqué, les principaux traits de ma personnalité. Tout cela s'est mis en place à partir de forces extrêmement puissantes et complexes dont la plus grande partie m'échappe.

Un jour, j'ai eu l'idée saugrenue d'arrêter pendant une heure le défilé incessant de réflexions et de rêveries, de souvenirs et de projets, de jugements et de comparaisons, de savoirs et de doutes, etc. Malgré ma détermination, ces mouvements qui paraissaient être les miens n'ont pas voulu stopper leur ronde deux petites minutes ! Ce fut un choc de découvrir que l'activité mentale et émotionnelle ne demande pas mon avis pour se produire, qu'elle n'obéit pas à ma volonté quand je lui demande de se mettre en veilleuse. En me décollant d'elle pour la première fois, j'ai pu admirer sa grande habileté pour me laisser croire que je la dirigeais...

Un des points communs que je perçois entre la vraie vie et les distractions numériques est l'emboîtement de différents niveaux de réalité. Le personnage sur l'écran ne décide pas de ses mouvements, il ne fait qu'exécuter ceux qui lui sont indiqués par un joueur situé sur un autre plan. De même, le moi auquel nous nous identifions fortement et qui est persuadé de son autonomie exécute des actions qui lui sont régulièrement soufflées par des joueurs plus vastes. Je m'explique. L'élan de vie qui fait battre notre coeur chaque seconde n'est pas personnel, même s'il se colore avec chacun. Cet élan s'enracine au-delà du moi et de ses préoccupations, heureusement pour notre santé. Les individualités apparaissent et disparaissent, comme les étoiles, mais l'existence continue et en génère de nouvelles à foison. À mes yeux, l'immensité vivante qui palpite sous une myriade de formes est le joueur initial. Elle a lancé le chantier des décors somptueux où nous évoluons, le scénario général et l'intrigue de l'aventure. Elle est capable de mener des milliards de parties simultanément, à travers chaque personnalité qu'elle anime discrètement. Ce joueur hors catégorie n'est pas réductible au plan physique, mental ou émotionnel, de même que je ne suis pas confiné dans mon téléviseur.

À côté du héros qui s'active sur l'écran, de la personne qui prend plaisir à le diriger et de l'énigmatique créateur du jeu de la vie, je distingue un autre intervenant majeur. Il s'agit de l'affreux jojo qui empêche les gens d'être heureux.

Dans l'univers virtuel, ce perturbateur prend la forme d'une panoplie de créatures surnaturelles angoissantes, d'humains manipulateurs et brutaux qui veulent tailler en pièces le personnage principal. Il ne faut surtout pas que ce dernier parvienne à sauver la belle qui fuit désespérément devant des hordes d'ennemis ou le pauvre enfant qui est détenu injustement.

Dans la vie réelle, nous avons aussi quelques beaux spécimens de dictateurs sanglants, de vampires économiques ravageurs, de petits bourreaux du quotidien. Si les obstacles au bonheur se situaient uniquement à l'extérieur, il serait sans doute plus facile de les transformer. Hélas, aux douleurs liées à des événements (comme la perte d'un proche, des violences verbales ou physiques, une maladie), s'ajoute régulièrement un lot de souffrances venant d'une partie de notre psychisme qui se retourne contre soi au lieu de nous soutenir dans l'épreuve ! Parfois, l'activité mentale se transforme en véritable tyran intérieur qui harcèle la personne de reproches et de dénigrements. En voyant cette dictature portative à l'œuvre, on dirait qu'il y a un bug dans le logiciel dont l'objectif est normalement de s'amuser...

L'activité mentale est très précieuse quand elle permet de s'adapter efficacement aux différentes circonstances. L'envoi d'un engin spatial qui a voyagé dix ans et sur des millions de kilomètres avant de se poser sur une petite comète illustre les formidables capacités des savoirs, des calculs, des anticipations et des créations technologiques. Cependant, lorsque j'observe attentivement ce qui me traverse l'esprit du matin au soir, la plupart des pensées et des réactions sont mécaniques et répétitives. Non seulement elles n'offrent aucun débouché pratique, ludique ou créatif, mais certaines se complaisent dans les lourdeurs et des complications fictives. La dynamique intérieure qui s'accroche aux souffrances passées, qui les perpétue en générant des drames à n'en plus finir et qui propose des solutions vouées à l'échec semble vouloir s'approprier et freiner le mouvement expansif de la vie. Ce nouveau joueur, sorti de nulle part, s'impose comme une évidence en alternant le charme hypnotique et un ensemble de limitations. Il entretient savamment un brouillard de peurs, de pensées vaines et de cauchemars qui limitent singulièrement les richesses de l'aventure existentielle. Mais il est incontournable et nous devons composer avec lui. Par chance, il existe en chacun une sorte de porte magique qui conduit vers un monde très différent de celui que nous connaissons...

Aux alentours de 18 ans, je me suis mis à rêver d'une grande transformation intérieure qui me libérerait définitivement de tous les tracas qui hantaient lourdement mes journées à l'époque. Dans les livres, toutes sortes de récits extraordinaires me fascinaient et j'ai commencé quelques pratiques pour accéder à ces merveilleux espaces de l'être. Sans grand succès, d'autres besoins étaient prioritaires. Deux décennies plus tard et après différentes explorations, ce n'est pas ce que j'imaginais qui est apparu.

Avec l'aide d'un charmant octogénaire à la barbe et aux cheveux blancs, sans trop savoir comment j'ai laissé de côté toutes les distractions et préoccupations qui défilaient pour regarder dans la direction opposée. Tout à coup et sans effort, je me suis trouvé dans une autre dimension. Le corps et les paysages étaient les mêmes mais celui qui les percevait n'avait plus rien avoir. Le moi était remplacé par un espace limpide plus léger que l'air, immensément vivant, toujours présent mais dont je n'avais pas conscience jusque-là. Dans cette qualité d'être aussi simple que naturelle il n'y avait plus de dehors : les autres et le ciel étaient contenus dans l'attention qui les contemplait. J'étais infiniment plus vaste que toutes les pensées, les émotions, les perceptions qui allaient et venaient. Il n'y avait personne pour juger qui que ce soit, une profonde bienveillance était là.

Quand le personnage avec lequel je m'amuse dans le monde virtuel se fait déchiqueter par un magnifique griffon royal, je n'ai même pas une écorchure. Je ne m'inquiète pas pour mon héros car il peut rejouer autant de fois que nécessaire pour s'en sortir en bon état.

C'est rarement aussi simple dans l'aventure humaine quotidienne. Si nous en avons le goût et avec un peu de persévérance, il est tout à fait possible de découvrir le passage qui conduit à notre nature profonde. Là où nous sommes tout à la fois un être singulier et l'immensité vivante. C'est une autre affaire de vivre la plupart du temps à partir de ce mystère silencieux. Pour nombre d'aventuriers, dont je fais partie, pas mal d'allers-retours se produisent avant une stabilité, dans les situations les plus ordinaires, de notre limpidité fondamentale. La belle qualité d'être que procure cette dernière me permet de prendre soin avec tendresse du corps et de l'individualité sans m'y réduire. Les drames se dégonflent plus vite et le quotidien s'allège nettement. Dans les relations - qui me sont précieuses - je confonds moins souvent et moins longtemps mes réactions et mes jugements avec l'autre. Je peux dire plus directement et avec douceur ce que je ressens. Parfois, des vagues de tendresse intérieure, qui me font un bien fou, surgissent sans cause particulière. Même l'activité mentale qui perpétue toutes sortes de tragédies ne m'apparaît plus comme un ennemi à terrasser. Ce dragon perd de sa consistance lorsque je discerne ses stratégies les unes après les autres, que j'en souris, que je les laisse moins envahir ma conscience.

Habituellement, les jeux vidéo d'aventure se terminent par un magistral combat. Cela peut être amusant sur l'écran où personne n'est véritablement tué. Dans l'expérience intérieure, la plus magnifique des victoires est l'abandon des armes et des identifications.

La vie originelle ne peut pas être blessée par les situations qu'elle met en scène car il est impossible d'abîmer ou détruire un espace vide, nous pouvons seulement l'occuper avec ceci ou cela. La seule chose qui me paraît grave dans l'aventure terrestre ce sont les souffrances, quelle que soit leur nature. Elles passent plus vite lorsque je les accueille sans les juger, que je les écoute avec tendresse, puis que je les invite à réintégrer l'espace paisible dont elles sont issues. Lorsque je suis dégagé des drames, la planète devient un superbe terrain d'exploration qui offre une grande variété de sensations et de saveurs, qu'il est délicieux de partager avec d'autres. C'est fantastique d'être, par moment, tout à la fois le personnage, le décor, le joueur et le spectateur ébahi par cette étonnante réalisation. Les trophées les plus réjouissants sont l'expérience de l'amour inconditionnel incarné, la joie d'être, la fluidité d'une existence sans frontières qui joue indéfiniment avec elle-même.

Patrice Roy

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La conscience non-duelle

Rappelons-nous, cependant, qu'une autre conscience « métaphysique» est encore accessible à l'homme moderne. Elle ne procède pas du sujet pensant et conscient de soi, mais de l'Être, vu ontologiquement comme au-delà de la division sujet-objet et antérieure à elle. Sous-jacente à l'expérience subjective du moi individuel, il y a une expé­rience immédiate de l'Être. Celle-ci est totalement différente d'une expérience de conscience de soi. Elle est complètement inobjective. Il n'y a rien en elle de cette division et de cette aliénation qui se produisent quand le sujet prend conscience de soi comme d'un quasi-objet. La conscience de l'Être (qu'elle soit considérée positivement ou négativement, en apophase, comme dans le bouddhisme) est une expérience immédiate qui dépasse la conscience réfléchie. Ce n'est pas la « conscience de », mais la conscience pure, dans laquelle le sujet en tant que tel « disparaît ».

Postérieurement à cette expérience immédiate d'un fond qui dépasse l'expérience apparaît le sujet avec sa conscience de soi. Mais, comme l'ont souligné les religions orientales et le mysticisme chrétien, ce sujet conscient de soi n'est pas final ou absolu ; c'est une construction (de soi) provisoire qui n'existe, à des fins pratiques, que dans une sphère de relativité. Son existence n'a de sens que dans la mesure où elle ne devient pas fixée ou centrée sur elle-même comme but final, où elle apprend à fonctionner non comme son pro­pre centre, mais « de Dieu » et « pour autrui ». Le terme chrétien « de Dieu » implique ce que les philosophies reli­gieuses non théistes conçoivent comme un Centre unique hypothétique de tous les êtres, ce que T. S. Eliot nommait « le point immobile du monde tournant », mais que le bouddhisme, par exemple, ne se représente pas comme un « point », mais comme le « Vide » (et le Vide ne se repré­sente pas du tout, bien sûr).     

Bref, cette forme de conscience affecte un genre de conscien­ce de soi totalement différent du moi pensant cartésien, qui est sa propre justification et son propre centre. Ici, l'individu a conscience de lui-même comme d'un moi-à-dissoudre dans le don de soi, dans l'amour, dans l'« abandon », dans l'ex­tase, en Dieu (il y a bien des façons de l'exprimer).

Le moi n'est pas son propre centre, et il ne décrit pas d'orbite autour de lui-même ; il est centré sur Dieu, unique centre de tous, qui est « partout et nulle part », en lequel tous se rencontrent, de qui tous procèdent-. Ainsi, dès le départ, cette conscience est ordonnée pour rencontrer P« au­tre », auquel elle est déjà unie de toute façon « en Dieu ».       

L'intuition  métaphysique  de  l'Être  est  une intuition d'un terrain d'ouverture ; en fait, d'une sorte d'ouverture onto­logique, et une générosité infime qui se communique à tout ce qui est. « Le bien est diffusif de lui-même », ou « Dieu est amour ». L'ouverture n'est pas une chose qui s'acquiert, mais un don radical qui a été perdu et qui doit être recouvré (bien qu'il soit toujours « là » en principe dans les racines de notre être créé). C'est là un langage plus ou moins méta­physique, mais il y a aussi une façon non métaphysique d'ex­poser la chose. Dieu n'est pas considéré comme Immanent ou Transcendant, mais comme une grâce et une présence, et ainsi ni comme un « Centre » imaginé quelque part « là dehors » ni « à l'intérieur de nous-mêmes ». Il n'est pas ren­contré en tant qu'Être, mais en tant que Liberté et Amour. Je dirais dès l'abord que l'important n'est pas d'opposer cette conception gracieuse et prophétique à l'idée méta­physique et mystique d'union avec Dieu, mais de montrer en quoi les deux idées cherchent vraiment à exprimer le même genre de conscience, ou au moins à l'approcher de façon différente."

Tiré de Zen, Tao et Nirvana de Thomas Merton, Éd.Fayard 1970

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Vous n'êtes pas ce que vous cherchez

On raconte l’histoire d’un joaillier qui allait à une importante foire commerciale afin d’y acquérir les plus beaux diamants du monde. Les plus grands joailliers de la planète s’y retrouvaient, de même que le plus grand voleur, qui convoitait lui aussi les mêmes pierres précieuses.

Un jour, notre joaillier achète le plus pur, le plus éblouissant et le plus gros des diamants. Fier de son acquisition, quelques heures plus tard, il rentre chez lui en train. Cependant le célèbre voleur avait tout vu et comptait bien lui dérober la magnifique pierre précieuse sur le chemin du retour. C’est pourquoi il prit le même train que le joaillier. Après deux jours de voyage, notre artisan est rendu chez lui et descend du train. Le voleur, qui le suivait toujours, le rejoint et lui dit : « Monsieur, je suis un des meilleurs voleurs de diamants au monde. Je sais que vous avez acheté une pièce aussi rare que sublime. J’ai utilisé toutes mes stratégies, tous mes tours pour vous le prendre et je n’ai pas réussi. Dites-moi, au moins pour ma curiosité, où l’avez-vous caché ? Le joaillier répond : « Je savais que vous étiez un pickpocket, je vous avais repéré. Lorsque j’ai compris votre intention, j’ai caché le fameux diamant à l’endroit le plus sûr possible, à l’endroit où j’étais certain que vous ne le trouviez pas. » « Oui, alors où ?» répondit le brigand.

Le joaillier mis sa main dans la poche du pickpocket et en retira le précieux diamant. « J’étais certain que vous n’alliez pas regarder là ».

Cette allégorie est une invitation à regarder au bon endroit si vous voulez découvrir l’éblouissant trésor que vous êtes. Il n’y a rien à trouver à l’extérieur, car le trésor c’est vous. Pas ce que vous croyez être, mais ce que vous êtes vraiment, au-delà de vos croyances ou conception de vous. C’est une invitation à découvrir la radieuse beauté de qui vous êtes vraiment, Vous !

Le véritable bonheur a été caché à l’endroit où les hommes ne pensent pas regarder. La source éternelle et inépuisable du bonheur n’est pas en vous, c’est VOUS !

Inspiré du livre : The diamond in your pocket, de Gangaji, Éditions Sounds True, 2005.

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L'être intérieur : Dieu ? C'est toi ...

L'auteur dit : « ...que sont les mots, sinon des échos lancés dans le Coeur voilé de notre Conscience aux abois, cherchant à faire résonner au fond de nous une Vérité déjà existante, ne cherchant qu’à s’exprimer pleinement, en accord avec nos actes, paroles et pensées. »

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Se reposer dans rien

Détendez-vous simplement en lisant ce qui suit. Observez si vous avez tendance à faire quelque chose en vous relâchant : essayez-vous de faire quelque chose de ce moment, de le maintenir, de le repousser ?

Il me semble que toutes ces tendances sont construites pour vous défendre contre la conviction ou le pressentiment profond que vous n’êtes pas vraiment un organisme individuel, ni une personnalité, que vous n’êtes en fait rien du tout. Le mental perçoit le « rien du tout » comme une pensée terrifiante, qui rappelle la mort, l’absence de valeur, le fait d’être une quantité négligeable. Cette peur peut être très forte, tout dépend de la profondeur de votre identification au corps et aux pensées.

Vous pouvez reconnaître que les schémas de défense mentale contre le néant ou le vide sont construits autour de cette peur. Ces schémas sont des réactions automatiques à la peur. Le mental peut agir très rapidement : « Oui, mais qu’est-ce que ça veut dire ? Cela ne peut pas être ainsi. Comment vais-je continuer à travailler ? etc. »

Laissez toutes ces pensées de côté pour un moment. Permettez à votre mental de se reposer dans rien – ne rien être, ne rien faire, ne rien avoir, ne rien obtenir, ne rien garder. Vous pouvez simplement ne rien être du tout, vraiment, volontairement et consciemment ; en un éclair, vous pouvez découvrir la paix, l’expansion et l’absence de limites inhérentes au néant. La vérité est que vous n’êtes rien en réalité. Mais ce rien est plein, entier, infini, dans chaque chose, partout. Ce rien est la conscience elle-même. Elle est déjà pleine, complète, accomplie. Quel paradoxe étonnant : ce que vous fuyez et ce que vous recherchez sont une seule et même chose ! Je sais que vous pouvez expérimenter au moins une ébauche ou un écho de la paix illimitée qui est là. C’est un écho de votre véritable identité, qui est toujours présente.

Peu importent la réaction du mental et ses nombreuses stratégies – construire, garder, cacher, protéger ou défendre, cette paix illimitée est toujours là et elle est votre vrai refuge. C’est votre vrai visage. Vous n’avez pas besoin d’années de pratique spirituelle pour trouver votre vrai visage, étant donné qu’il est toujours là. Vous n’avez pas non plus besoin de devenir une meilleure personne pour trouver votre vrai visage. Votre vrai visage luit maintenant, là où vous êtes, indépendamment de ce que vous imaginez être. En fait, il ne s’agit pas d’un visage, car il n’est pas question d’homme ou de femme, ni d’emploi du temps. Il luit simplement tel quel, car il est la lumière.

On me demande souvent pourquoi nous adhérons à cette fausse identité en premier lieu et pourquoi nous voilons notre vrai visage. Il existe de nombreuses théories spirituelles et métaphysiques à ce sujet ; celle qui a le plus de sens pour moi est que le délice extraordinaire de découvrir son vrai visage n’est possible que si l’on a beaucoup souffert de l’avoir voilé.

Vous avez peut-être des souvenirs d’enfance des frissons qu’on éprouve en jouant à cache-cache : le frisson de se cacher, puis lorsqu’il s’est évanoui, le désir d’être trouvé. Lorsque le désir d’être trouvé apparaît dans votre vie, il est alors temps que vous le soyez. Arrêtez de vous préserver de votre concept de néant et retournez à la vérité du néant. Il est temps de vous y reposer. Vous découvrirez alors que vos habitudes d’identification erronée, vos stratégies de contrôle et de dissimulation, vos croyances conditionnées justifiant la nécessité de vous cacher, seront toutes mises en lumière ; vous serez alors libre de simplement être. L’expérience du pouvoir de l’individuation est fascinant, et il ne représente en aucune manière un obstacle. C’est une expérience de cache-cache : l’expérience du tout se déguisant en individu. Le tout a la possibilité aujourd’hui de rayonner à travers le déguisement de l’individu. Seuls sont nécessaires votre bonne volonté, votre consentement et votre proclamation : « Oui, je suis prêt maintenant, je suis vraiment prêt à être trouvé. » Comme vous vous êtes caché durant des millions d’années dans une forme génétique ou l’autre, les forces énormes de votre conditionnement vont vous mettre à l’épreuve : « Non, pas encore, pas tout à fait, un peu plus tard, ce n’est pas le bon moment. » Mais vous pouvez choisir de répondre : « A cet instant, même si les forces du passé cherchent à m’influencer, il est temps que je sois trouvé. » Ces forces de conditionnement se transforment alors en combustible alimentant un immense feu de joie qui éclaire votre retour à la maison. Invitez tout votre conditionnement à être exposé à la lumière de ce feu, à être exposé à la lumière de la véritable self-inquiry.

Extrait du livre de Gangaji « Le diamant dans votre poche».

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Que vous apportera la réalisation de soi ?

La plupart d’entre nous savons d’expérience à quel point la poursuite de désirs matériels ne fait souvent que perpétuer la souffrance, et que cette poursuite se fait au détriment de notre énergie vitale, de notre attention et de notre détermination. Vous éprouvez sûrement du plaisir lorsque vous réussissez à combler vos désirs matériels ; et vous souffrez lorsque vous n’y arrivez pas.  Mais tant que vous ne consentez pas à voir que les désirs matériels représentent une limitation, il vous est impossible de vivre vraiment, profondément. Une fois cette constatation faite, vous pouvez vivre un transfert subtil mais radical des désirs temporels vers le désir spirituel. Le désir de vérité, aussi élevé soit-il, vous laisse pourtant perplexe, lorsque vous constatez que la souffrance ne cesse pas.

Ce désir de liberté, d’amour, de vérité, ou de Dieu, n’est pas le problème. D’après mon enseignant, Papaji, si vous désirez la liberté plus que tout, alors ce désir lui-même annihilera tous les autres désirs ; et c’est vrai. Il engloutit tous les autres désirs. C’est pourquoi le désir de réalisation n’est pas le problème. Ce qui fait problème, c’est de penser que la réalisation va donner certains résultats, qu’elle est comme ceci ou comme cela, ou qu’elle fait qu’on se sent d’une manière particulière. C’est une source de confusion et de perplexité : comment se fait-il que je ne vive pas de paix durable, alors que je ne désire rien d’autre que la réalisation de soi ?

Je vous encourage à vraiment examiner votre mental et voir s’il s’y trouve une image de vérité, de liberté, d’illumination, ou de Dieu. Si c’est le cas, faites l’expérience suivante : laissez-la partir. Découvrez à présent s’il y a une attente associée à Dieu ; par exemple, que si vous lui êtes fidèle, il vous donnera une santé parfaite, la richesse, le bonheur éternel, etc. Regardez dans votre mental et voyez si la réalisation est censée vous apporter un quelconque soulagement dans votre vie, ou une forme de contrôle sur la vie. Puis, pour poursuivre l’investigation, laissez partir ces attentes, abandonnez-les, renoncez-y. Si vous espérez atteindre un état de clarté, une béatitude complète, ou une certitude sur la raison de votre présence ici-bas, laissez tout cela s’en aller afin d’être simplement ici. Laissez tout partir. Dès que vous n’avez plus rien, il ne vous reste que vous-même. Et s’il ne vous reste réellement que vous-même, vous êtes éveillé à qui vous êtes vraiment.

Si vous désirez être libre, et que vous ne donnez aucune forme à ce désir, que vous n’en attendez et n’en pensez rien, le laissant simplement être tel qu’il est, alors ce désir véritable révèle l’univers connu et inconnu dans sa totalité. Chaque particule se révèle être une, et cette unité c’est vous. Dès l’instant où vous pensez que votre désir de Dieu, de liberté ou de vérité devrait avoir un résultat particulier, avoir l’air ou être perçu de telle ou telle manière, vous obscurcissez la pureté du vrai désir.

Le défi dans le cœur de tout chercheur spirituel, indépendamment de la beauté et de la profondeur de sa quête, est d’arrêter de rechercher tout ce qui pourrait servir à réaliser cette aspiration ultime. Le défi consiste à laisser votre vie entière combler ce désir. Vous pouvez offrir le reste de votre vie à ce désir sans aucune idée du résultat, sans savoir si vous serez ruiné, sans domicile, riche ou célèbre. Vous pouvez offrir ce que vous avez, à savoir votre vie, à cet instant, à la vérité, à la liberté, à Dieu.

Toujours dans la perspective de la self-inquiry, je vous invite à vous poser la question suivante : Que m’apportera la réalisation de soi ? Les possibilités de ce type d’examen sont illimitées ; elles dépendent de votre volonté de voir et dire la vérité. Un tel examen n’a pas pour but de trouver la bonne réponse, il consiste à dire la vérité à propos de ce qui est découvert. Réfléchissez un instant à la chose suivante : Et si la réalisation ne vous apporte rien, absolument rien du tout ? Que se passe-t-il si vous n’obtenez pas une seule chose, ni physique, ni mentale, ni émotionnelle ni matérielle ? En vérité, elle ne vous apportera pas la moindre chose. Êtes-vous prêt à accepter cette vérité ? Si oui, vous êtes libre. Sinon, votre mental continuera à être attaché à quelque chose qui, vous l’espérez, vous apportera la liberté.

Tiré de « The diamond in your pocket », Gangaji, Sounds True Inc. 2007. Traduction Bertrand Coquoz-Phillot et Monique Niederoest
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Perles de tejo


Les pensées sont relatives,
Jamais complètement vraies,
Jamais complètement fausses.
Déjà, c’est plus léger.





Rien ne se résout dans l’individualité
Tout se résout dans l’Un.





Simple ne veut pas dire facile.





Qui se soucie d’être plus que parfait
Lorsqu’il vit la joie sans objet ?





Se déposer dans le Mystère
Avant qu’il soit conceptualisé
Dans « Je suis la Vie ».






La mauvaise réputation de la colère est surfaite.
La bonne réputation de la sagesse est également surfaite.





L’acceptation est la dynamique
De la Vie pré-accomplie.





On dit qu’on ne vit que des situations
À la mesure de nos capacités.
Je dirais plutôt qu’on ne vit que des situations
Où on peut se rencontrer.





Ton moi n’est pas au centre de moi.
Mon moi non plus d’ailleurs.





Un concept est un refuge.





On s’en fait pour un rien
On s’en défait pour un vide.





Tu ne veux rien.
C’est la Vie qui veut en toi
Ce qu’Elle est.





La co-création se résout
Dans l’évidence que je suis
Celle qui s’occupe de tout :
La Vie.





Nos croyances sont nos règlements.





Regarde le regard d’amour inconditionnel.
Laisse le regard d’amour inconditionnel te regarder.
Regarde-toi à-travers le regard d’amour inconditionnel.
Laisse le regard d’amour inconditionnel se regarder à-travers toi.





Le désir sans objet
Est la grande autorisation infinie.





Les croyances apaisent en fournissant des réponses.
Le « je ne sais pas » apaise en disant « ni oui ni non ».





L’espace immense de la grâce est une inspiration.
L’espace étroit de l’ennui est une fenêtre.





Tout comme la soit-disant pierre
Qui est un diamant,
Le soit-disant ennui
Est l’espace immobile
Dans lequel la Vie joue.





La possibilité de s’excuser souvent
Fait partie de la liberté
Même dans l’évidence
Que ça n’aurait pu se passer autrement.





La vigilance sans commentaire
Qui voit le mental
Voit par le fait même
D’où viennent les commentaires sur le mental.





Le mental a un commentaire
Même sur ce qui ne l’intéresse pas.
Le cœur est silencieux
Même ce qui lui est le plus cher.





Un pointeur n’est pas une vérité.
Il pointe vers une vérité
Qui n’est pas à un endroit précis.





Un pointeur pointe vers le lieu d’où il vient.





Profite bien du mauvais temps intérieur
Pendant qu’il passe.





L’Éveil : alterner de l’Éveil au non-Éveil
Dans l’indifférence.





Celui en nous qui cherche un moyen d’atteindre l’Éveil
Le fait pour empêcher l’Éveil.





Voir, c’est aussi vérifier,
Revérifier, et revérifier encore.





Dire à quelqu’un qu’il est un sage,
C’est déjà subtilement lui attribuer un rôle.
Pour le sage, ce rôle se volatilise aussitôt.





Le désir de l’ego est impatient.
Le désir de l’âme est intemporel.





L’Éveil, c’est se libérer
De ce que l’on croit
Devoir transformer.






Dans l’Éveil romantique,
Il y a transformation visible.
Dans l’Éveil tel qu’il est,
Il y a transmutation invisible.





La présence de l’Être est toujours là,
Même lorsque tu ne la sens pas.
La confiance de l’Être en toi est toujours là,
Même lorsque tu ne la sens pas.





Le grand risque n’est pas celui de l’inconnu.
C’est celui de l’humilité.





Refuser est la façon naturelle
De sentir qu’on existe.
Voir est la façon naturelle
D’Être.







Le oui qui n’est pas un non
Se referme.
Le oui qui inclut le non
S’ouvre.





Tu étais un jouet.
Tu es maintenant le Jeu.





Tu attends du maître de l’attention
Alors qu’il est Attention.





Les pratiques spirituelles sont inutiles, et nécessaires.





Tu veux savoir alors qu’on ne te demande
Que de voir.





Dans la servitude, tu répondais à un individu.
Dans la liberté, tu réponds de la Totalité.





Ces pensées ont été écrites à l’hiver 2015, pendant une retraite à Varadero, Cuba, organisée par mes très bons amis Della et Michaël.
Tejo