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Vouloir lâcher prise, un piège...

Vouloir lâcher prise, un piège...

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Les aphorismes d'Hervé

  1. La façon dont je me perçois modifie la façon dont je suis perçu(e).
  2. Ne pas blesser ni soi ni l'autre.
  3. je suis ce que je cherche, je ne cherche pas ce que je suis
  4. Comme je suis ça va.
  5. Au service du présent je suis.
  6. Pas de buts pas d'efforts.
  7. Je ne suis que le lien que je crée.
  8. Par la joie et pas pour la joie.
  9. Il vaut mieux se tromper sur son propre chemin qu'avoir raison sur le chemin de l'autre.
  10. La conscience est un cercle sans circonférence constitué d'une infinité de centres
  11. Je crée de la beauté là ou mon regard se pose.
  12. Il vaut mieux savoir où je suis que où je vais.
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Des jeux vidéos au jeu de la vie

Certains jeux vidéo disposent de magnifiques graphismes, d'un foisonnement de possibilités et d'une grande liberté de mouvement, de personnages imaginaires étonnants et de scénarios prenants. À la différence d'un film ou d'un roman, nous pouvons intervenir dans le déroulement de l'histoire et cette distraction m'apparaît comme une intéressante illustration du grand jeu de la vie.

Le personnage que je dirige, sur l'écran, me procure différentes sensations au cours de ses aventures plus ou moins dangereuses. Lorsqu'il chute accidentellement dans un précipice, l'impression de tomber dans le vide est très réaliste. La surprise et la peur sont bien là quand une créature volante attaque soudainement dans le dos, de même que le désir d'aller ouvrir les coffres dissimulés sous l'eau, dans des grottes ou au coeur de forteresses. Un des grands plaisirs est de se confronter à des situations variées, inhabituelles, menaçantes, alors que je suis en sécurité dans le salon. Quand le héros se fait rétamer par un adversaire plus malin ou plus puissant, cela me contrarie mais je peux reprendre la partie juste avant le décès pour chercher une autre stratégie.

Lorsque j'éteins l'écran, je ne cesse pas d'exister parce que l'univers virtuel s'évanouit. Je change simplement d'environnement en retrouvant le personnage que nous appelons moi. Une des différences avec le monde numérique est que les blessures ne guérissent pas aussi rapidement, que le corps une fois mort ne permet pas de revenir quelques minutes ou quelques heures en arrière pour jouer la partie différemment. Il n'y a pas non plus de télécommande pour mettre en pause les événements quand cela nous arrange.

Dans la vie dite réelle, pendant longtemps j'étais persuadé d'être l'auteur de mes pensées et de mes émotions. C'est moi qui décidais d'aller ici ou là, qui choisissais cette option plutôt qu'une autre, qui m'attachais à certaines convictions en toute liberté. Cependant, je n'ai pas conçu le programme qui a créé l'univers physique, je n'ai pas eu mon mot à dire en ce qui concerne le corps qui m'est attribué, le milieu social où j'ai débarqué, les principaux traits de ma personnalité. Tout cela s'est mis en place à partir de forces extrêmement puissantes et complexes dont la plus grande partie m'échappe.

Un jour, j'ai eu l'idée saugrenue d'arrêter pendant une heure le défilé incessant de réflexions et de rêveries, de souvenirs et de projets, de jugements et de comparaisons, de savoirs et de doutes, etc. Malgré ma détermination, ces mouvements qui paraissaient être les miens n'ont pas voulu stopper leur ronde deux petites minutes ! Ce fut un choc de découvrir que l'activité mentale et émotionnelle ne demande pas mon avis pour se produire, qu'elle n'obéit pas à ma volonté quand je lui demande de se mettre en veilleuse. En me décollant d'elle pour la première fois, j'ai pu admirer sa grande habileté pour me laisser croire que je la dirigeais...

Un des points communs que je perçois entre la vraie vie et les distractions numériques est l'emboîtement de différents niveaux de réalité. Le personnage sur l'écran ne décide pas de ses mouvements, il ne fait qu'exécuter ceux qui lui sont indiqués par un joueur situé sur un autre plan. De même, le moi auquel nous nous identifions fortement et qui est persuadé de son autonomie exécute des actions qui lui sont régulièrement soufflées par des joueurs plus vastes. Je m'explique. L'élan de vie qui fait battre notre coeur chaque seconde n'est pas personnel, même s'il se colore avec chacun. Cet élan s'enracine au-delà du moi et de ses préoccupations, heureusement pour notre santé. Les individualités apparaissent et disparaissent, comme les étoiles, mais l'existence continue et en génère de nouvelles à foison. À mes yeux, l'immensité vivante qui palpite sous une myriade de formes est le joueur initial. Elle a lancé le chantier des décors somptueux où nous évoluons, le scénario général et l'intrigue de l'aventure. Elle est capable de mener des milliards de parties simultanément, à travers chaque personnalité qu'elle anime discrètement. Ce joueur hors catégorie n'est pas réductible au plan physique, mental ou émotionnel, de même que je ne suis pas confiné dans mon téléviseur.

À côté du héros qui s'active sur l'écran, de la personne qui prend plaisir à le diriger et de l'énigmatique créateur du jeu de la vie, je distingue un autre intervenant majeur. Il s'agit de l'affreux jojo qui empêche les gens d'être heureux.

Dans l'univers virtuel, ce perturbateur prend la forme d'une panoplie de créatures surnaturelles angoissantes, d'humains manipulateurs et brutaux qui veulent tailler en pièces le personnage principal. Il ne faut surtout pas que ce dernier parvienne à sauver la belle qui fuit désespérément devant des hordes d'ennemis ou le pauvre enfant qui est détenu injustement.

Dans la vie réelle, nous avons aussi quelques beaux spécimens de dictateurs sanglants, de vampires économiques ravageurs, de petits bourreaux du quotidien. Si les obstacles au bonheur se situaient uniquement à l'extérieur, il serait sans doute plus facile de les transformer. Hélas, aux douleurs liées à des événements (comme la perte d'un proche, des violences verbales ou physiques, une maladie), s'ajoute régulièrement un lot de souffrances venant d'une partie de notre psychisme qui se retourne contre soi au lieu de nous soutenir dans l'épreuve ! Parfois, l'activité mentale se transforme en véritable tyran intérieur qui harcèle la personne de reproches et de dénigrements. En voyant cette dictature portative à l'œuvre, on dirait qu'il y a un bug dans le logiciel dont l'objectif est normalement de s'amuser...

L'activité mentale est très précieuse quand elle permet de s'adapter efficacement aux différentes circonstances. L'envoi d'un engin spatial qui a voyagé dix ans et sur des millions de kilomètres avant de se poser sur une petite comète illustre les formidables capacités des savoirs, des calculs, des anticipations et des créations technologiques. Cependant, lorsque j'observe attentivement ce qui me traverse l'esprit du matin au soir, la plupart des pensées et des réactions sont mécaniques et répétitives. Non seulement elles n'offrent aucun débouché pratique, ludique ou créatif, mais certaines se complaisent dans les lourdeurs et des complications fictives. La dynamique intérieure qui s'accroche aux souffrances passées, qui les perpétue en générant des drames à n'en plus finir et qui propose des solutions vouées à l'échec semble vouloir s'approprier et freiner le mouvement expansif de la vie. Ce nouveau joueur, sorti de nulle part, s'impose comme une évidence en alternant le charme hypnotique et un ensemble de limitations. Il entretient savamment un brouillard de peurs, de pensées vaines et de cauchemars qui limitent singulièrement les richesses de l'aventure existentielle. Mais il est incontournable et nous devons composer avec lui. Par chance, il existe en chacun une sorte de porte magique qui conduit vers un monde très différent de celui que nous connaissons...

Aux alentours de 18 ans, je me suis mis à rêver d'une grande transformation intérieure qui me libérerait définitivement de tous les tracas qui hantaient lourdement mes journées à l'époque. Dans les livres, toutes sortes de récits extraordinaires me fascinaient et j'ai commencé quelques pratiques pour accéder à ces merveilleux espaces de l'être. Sans grand succès, d'autres besoins étaient prioritaires. Deux décennies plus tard et après différentes explorations, ce n'est pas ce que j'imaginais qui est apparu.

Avec l'aide d'un charmant octogénaire à la barbe et aux cheveux blancs, sans trop savoir comment j'ai laissé de côté toutes les distractions et préoccupations qui défilaient pour regarder dans la direction opposée. Tout à coup et sans effort, je me suis trouvé dans une autre dimension. Le corps et les paysages étaient les mêmes mais celui qui les percevait n'avait plus rien avoir. Le moi était remplacé par un espace limpide plus léger que l'air, immensément vivant, toujours présent mais dont je n'avais pas conscience jusque-là. Dans cette qualité d'être aussi simple que naturelle il n'y avait plus de dehors : les autres et le ciel étaient contenus dans l'attention qui les contemplait. J'étais infiniment plus vaste que toutes les pensées, les émotions, les perceptions qui allaient et venaient. Il n'y avait personne pour juger qui que ce soit, une profonde bienveillance était là.

Quand le personnage avec lequel je m'amuse dans le monde virtuel se fait déchiqueter par un magnifique griffon royal, je n'ai même pas une écorchure. Je ne m'inquiète pas pour mon héros car il peut rejouer autant de fois que nécessaire pour s'en sortir en bon état.

C'est rarement aussi simple dans l'aventure humaine quotidienne. Si nous en avons le goût et avec un peu de persévérance, il est tout à fait possible de découvrir le passage qui conduit à notre nature profonde. Là où nous sommes tout à la fois un être singulier et l'immensité vivante. C'est une autre affaire de vivre la plupart du temps à partir de ce mystère silencieux. Pour nombre d'aventuriers, dont je fais partie, pas mal d'allers-retours se produisent avant une stabilité, dans les situations les plus ordinaires, de notre limpidité fondamentale. La belle qualité d'être que procure cette dernière me permet de prendre soin avec tendresse du corps et de l'individualité sans m'y réduire. Les drames se dégonflent plus vite et le quotidien s'allège nettement. Dans les relations - qui me sont précieuses - je confonds moins souvent et moins longtemps mes réactions et mes jugements avec l'autre. Je peux dire plus directement et avec douceur ce que je ressens. Parfois, des vagues de tendresse intérieure, qui me font un bien fou, surgissent sans cause particulière. Même l'activité mentale qui perpétue toutes sortes de tragédies ne m'apparaît plus comme un ennemi à terrasser. Ce dragon perd de sa consistance lorsque je discerne ses stratégies les unes après les autres, que j'en souris, que je les laisse moins envahir ma conscience.

Habituellement, les jeux vidéo d'aventure se terminent par un magistral combat. Cela peut être amusant sur l'écran où personne n'est véritablement tué. Dans l'expérience intérieure, la plus magnifique des victoires est l'abandon des armes et des identifications.

La vie originelle ne peut pas être blessée par les situations qu'elle met en scène car il est impossible d'abîmer ou détruire un espace vide, nous pouvons seulement l'occuper avec ceci ou cela. La seule chose qui me paraît grave dans l'aventure terrestre ce sont les souffrances, quelle que soit leur nature. Elles passent plus vite lorsque je les accueille sans les juger, que je les écoute avec tendresse, puis que je les invite à réintégrer l'espace paisible dont elles sont issues. Lorsque je suis dégagé des drames, la planète devient un superbe terrain d'exploration qui offre une grande variété de sensations et de saveurs, qu'il est délicieux de partager avec d'autres. C'est fantastique d'être, par moment, tout à la fois le personnage, le décor, le joueur et le spectateur ébahi par cette étonnante réalisation. Les trophées les plus réjouissants sont l'expérience de l'amour inconditionnel incarné, la joie d'être, la fluidité d'une existence sans frontières qui joue indéfiniment avec elle-même.

Patrice Roy

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La conscience non-duelle

Rappelons-nous, cependant, qu'une autre conscience « métaphysique» est encore accessible à l'homme moderne. Elle ne procède pas du sujet pensant et conscient de soi, mais de l'Être, vu ontologiquement comme au-delà de la division sujet-objet et antérieure à elle. Sous-jacente à l'expérience subjective du moi individuel, il y a une expé­rience immédiate de l'Être. Celle-ci est totalement différente d'une expérience de conscience de soi. Elle est complètement inobjective. Il n'y a rien en elle de cette division et de cette aliénation qui se produisent quand le sujet prend conscience de soi comme d'un quasi-objet. La conscience de l'Être (qu'elle soit considérée positivement ou négativement, en apophase, comme dans le bouddhisme) est une expérience immédiate qui dépasse la conscience réfléchie. Ce n'est pas la « conscience de », mais la conscience pure, dans laquelle le sujet en tant que tel « disparaît ».

Postérieurement à cette expérience immédiate d'un fond qui dépasse l'expérience apparaît le sujet avec sa conscience de soi. Mais, comme l'ont souligné les religions orientales et le mysticisme chrétien, ce sujet conscient de soi n'est pas final ou absolu ; c'est une construction (de soi) provisoire qui n'existe, à des fins pratiques, que dans une sphère de relativité. Son existence n'a de sens que dans la mesure où elle ne devient pas fixée ou centrée sur elle-même comme but final, où elle apprend à fonctionner non comme son pro­pre centre, mais « de Dieu » et « pour autrui ». Le terme chrétien « de Dieu » implique ce que les philosophies reli­gieuses non théistes conçoivent comme un Centre unique hypothétique de tous les êtres, ce que T. S. Eliot nommait « le point immobile du monde tournant », mais que le bouddhisme, par exemple, ne se représente pas comme un « point », mais comme le « Vide » (et le Vide ne se repré­sente pas du tout, bien sûr).     

Bref, cette forme de conscience affecte un genre de conscien­ce de soi totalement différent du moi pensant cartésien, qui est sa propre justification et son propre centre. Ici, l'individu a conscience de lui-même comme d'un moi-à-dissoudre dans le don de soi, dans l'amour, dans l'« abandon », dans l'ex­tase, en Dieu (il y a bien des façons de l'exprimer).

Le moi n'est pas son propre centre, et il ne décrit pas d'orbite autour de lui-même ; il est centré sur Dieu, unique centre de tous, qui est « partout et nulle part », en lequel tous se rencontrent, de qui tous procèdent-. Ainsi, dès le départ, cette conscience est ordonnée pour rencontrer P« au­tre », auquel elle est déjà unie de toute façon « en Dieu ».       

L'intuition  métaphysique  de  l'Être  est  une intuition d'un terrain d'ouverture ; en fait, d'une sorte d'ouverture onto­logique, et une générosité infime qui se communique à tout ce qui est. « Le bien est diffusif de lui-même », ou « Dieu est amour ». L'ouverture n'est pas une chose qui s'acquiert, mais un don radical qui a été perdu et qui doit être recouvré (bien qu'il soit toujours « là » en principe dans les racines de notre être créé). C'est là un langage plus ou moins méta­physique, mais il y a aussi une façon non métaphysique d'ex­poser la chose. Dieu n'est pas considéré comme Immanent ou Transcendant, mais comme une grâce et une présence, et ainsi ni comme un « Centre » imaginé quelque part « là dehors » ni « à l'intérieur de nous-mêmes ». Il n'est pas ren­contré en tant qu'Être, mais en tant que Liberté et Amour. Je dirais dès l'abord que l'important n'est pas d'opposer cette conception gracieuse et prophétique à l'idée méta­physique et mystique d'union avec Dieu, mais de montrer en quoi les deux idées cherchent vraiment à exprimer le même genre de conscience, ou au moins à l'approcher de façon différente."

Tiré de Zen, Tao et Nirvana de Thomas Merton, Éd.Fayard 1970

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Vous n'êtes pas ce que vous cherchez

On raconte l’histoire d’un joaillier qui allait à une importante foire commerciale afin d’y acquérir les plus beaux diamants du monde. Les plus grands joailliers de la planète s’y retrouvaient, de même que le plus grand voleur, qui convoitait lui aussi les mêmes pierres précieuses.

Un jour, notre joaillier achète le plus pur, le plus éblouissant et le plus gros des diamants. Fier de son acquisition, quelques heures plus tard, il rentre chez lui en train. Cependant le célèbre voleur avait tout vu et comptait bien lui dérober la magnifique pierre précieuse sur le chemin du retour. C’est pourquoi il prit le même train que le joaillier. Après deux jours de voyage, notre artisan est rendu chez lui et descend du train. Le voleur, qui le suivait toujours, le rejoint et lui dit : « Monsieur, je suis un des meilleurs voleurs de diamants au monde. Je sais que vous avez acheté une pièce aussi rare que sublime. J’ai utilisé toutes mes stratégies, tous mes tours pour vous le prendre et je n’ai pas réussi. Dites-moi, au moins pour ma curiosité, où l’avez-vous caché ? Le joaillier répond : « Je savais que vous étiez un pickpocket, je vous avais repéré. Lorsque j’ai compris votre intention, j’ai caché le fameux diamant à l’endroit le plus sûr possible, à l’endroit où j’étais certain que vous ne le trouviez pas. » « Oui, alors où ?» répondit le brigand.

Le joaillier mis sa main dans la poche du pickpocket et en retira le précieux diamant. « J’étais certain que vous n’alliez pas regarder là ».

Cette allégorie est une invitation à regarder au bon endroit si vous voulez découvrir l’éblouissant trésor que vous êtes. Il n’y a rien à trouver à l’extérieur, car le trésor c’est vous. Pas ce que vous croyez être, mais ce que vous êtes vraiment, au-delà de vos croyances ou conception de vous. C’est une invitation à découvrir la radieuse beauté de qui vous êtes vraiment, Vous !

Le véritable bonheur a été caché à l’endroit où les hommes ne pensent pas regarder. La source éternelle et inépuisable du bonheur n’est pas en vous, c’est VOUS !

Inspiré du livre : The diamond in your pocket, de Gangaji, Éditions Sounds True, 2005.

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L'être intérieur : Dieu ? C'est toi ...

L'auteur dit : « ...que sont les mots, sinon des échos lancés dans le Coeur voilé de notre Conscience aux abois, cherchant à faire résonner au fond de nous une Vérité déjà existante, ne cherchant qu’à s’exprimer pleinement, en accord avec nos actes, paroles et pensées. »

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Se reposer dans rien

Détendez-vous simplement en lisant ce qui suit. Observez si vous avez tendance à faire quelque chose en vous relâchant : essayez-vous de faire quelque chose de ce moment, de le maintenir, de le repousser ?

Il me semble que toutes ces tendances sont construites pour vous défendre contre la conviction ou le pressentiment profond que vous n’êtes pas vraiment un organisme individuel, ni une personnalité, que vous n’êtes en fait rien du tout. Le mental perçoit le « rien du tout » comme une pensée terrifiante, qui rappelle la mort, l’absence de valeur, le fait d’être une quantité négligeable. Cette peur peut être très forte, tout dépend de la profondeur de votre identification au corps et aux pensées.

Vous pouvez reconnaître que les schémas de défense mentale contre le néant ou le vide sont construits autour de cette peur. Ces schémas sont des réactions automatiques à la peur. Le mental peut agir très rapidement : « Oui, mais qu’est-ce que ça veut dire ? Cela ne peut pas être ainsi. Comment vais-je continuer à travailler ? etc. »

Laissez toutes ces pensées de côté pour un moment. Permettez à votre mental de se reposer dans rien – ne rien être, ne rien faire, ne rien avoir, ne rien obtenir, ne rien garder. Vous pouvez simplement ne rien être du tout, vraiment, volontairement et consciemment ; en un éclair, vous pouvez découvrir la paix, l’expansion et l’absence de limites inhérentes au néant. La vérité est que vous n’êtes rien en réalité. Mais ce rien est plein, entier, infini, dans chaque chose, partout. Ce rien est la conscience elle-même. Elle est déjà pleine, complète, accomplie. Quel paradoxe étonnant : ce que vous fuyez et ce que vous recherchez sont une seule et même chose ! Je sais que vous pouvez expérimenter au moins une ébauche ou un écho de la paix illimitée qui est là. C’est un écho de votre véritable identité, qui est toujours présente.

Peu importent la réaction du mental et ses nombreuses stratégies – construire, garder, cacher, protéger ou défendre, cette paix illimitée est toujours là et elle est votre vrai refuge. C’est votre vrai visage. Vous n’avez pas besoin d’années de pratique spirituelle pour trouver votre vrai visage, étant donné qu’il est toujours là. Vous n’avez pas non plus besoin de devenir une meilleure personne pour trouver votre vrai visage. Votre vrai visage luit maintenant, là où vous êtes, indépendamment de ce que vous imaginez être. En fait, il ne s’agit pas d’un visage, car il n’est pas question d’homme ou de femme, ni d’emploi du temps. Il luit simplement tel quel, car il est la lumière.

On me demande souvent pourquoi nous adhérons à cette fausse identité en premier lieu et pourquoi nous voilons notre vrai visage. Il existe de nombreuses théories spirituelles et métaphysiques à ce sujet ; celle qui a le plus de sens pour moi est que le délice extraordinaire de découvrir son vrai visage n’est possible que si l’on a beaucoup souffert de l’avoir voilé.

Vous avez peut-être des souvenirs d’enfance des frissons qu’on éprouve en jouant à cache-cache : le frisson de se cacher, puis lorsqu’il s’est évanoui, le désir d’être trouvé. Lorsque le désir d’être trouvé apparaît dans votre vie, il est alors temps que vous le soyez. Arrêtez de vous préserver de votre concept de néant et retournez à la vérité du néant. Il est temps de vous y reposer. Vous découvrirez alors que vos habitudes d’identification erronée, vos stratégies de contrôle et de dissimulation, vos croyances conditionnées justifiant la nécessité de vous cacher, seront toutes mises en lumière ; vous serez alors libre de simplement être. L’expérience du pouvoir de l’individuation est fascinant, et il ne représente en aucune manière un obstacle. C’est une expérience de cache-cache : l’expérience du tout se déguisant en individu. Le tout a la possibilité aujourd’hui de rayonner à travers le déguisement de l’individu. Seuls sont nécessaires votre bonne volonté, votre consentement et votre proclamation : « Oui, je suis prêt maintenant, je suis vraiment prêt à être trouvé. » Comme vous vous êtes caché durant des millions d’années dans une forme génétique ou l’autre, les forces énormes de votre conditionnement vont vous mettre à l’épreuve : « Non, pas encore, pas tout à fait, un peu plus tard, ce n’est pas le bon moment. » Mais vous pouvez choisir de répondre : « A cet instant, même si les forces du passé cherchent à m’influencer, il est temps que je sois trouvé. » Ces forces de conditionnement se transforment alors en combustible alimentant un immense feu de joie qui éclaire votre retour à la maison. Invitez tout votre conditionnement à être exposé à la lumière de ce feu, à être exposé à la lumière de la véritable self-inquiry.

Extrait du livre de Gangaji « Le diamant dans votre poche».

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Que vous apportera la réalisation de soi ?

La plupart d’entre nous savons d’expérience à quel point la poursuite de désirs matériels ne fait souvent que perpétuer la souffrance, et que cette poursuite se fait au détriment de notre énergie vitale, de notre attention et de notre détermination. Vous éprouvez sûrement du plaisir lorsque vous réussissez à combler vos désirs matériels ; et vous souffrez lorsque vous n’y arrivez pas.  Mais tant que vous ne consentez pas à voir que les désirs matériels représentent une limitation, il vous est impossible de vivre vraiment, profondément. Une fois cette constatation faite, vous pouvez vivre un transfert subtil mais radical des désirs temporels vers le désir spirituel. Le désir de vérité, aussi élevé soit-il, vous laisse pourtant perplexe, lorsque vous constatez que la souffrance ne cesse pas.

Ce désir de liberté, d’amour, de vérité, ou de Dieu, n’est pas le problème. D’après mon enseignant, Papaji, si vous désirez la liberté plus que tout, alors ce désir lui-même annihilera tous les autres désirs ; et c’est vrai. Il engloutit tous les autres désirs. C’est pourquoi le désir de réalisation n’est pas le problème. Ce qui fait problème, c’est de penser que la réalisation va donner certains résultats, qu’elle est comme ceci ou comme cela, ou qu’elle fait qu’on se sent d’une manière particulière. C’est une source de confusion et de perplexité : comment se fait-il que je ne vive pas de paix durable, alors que je ne désire rien d’autre que la réalisation de soi ?

Je vous encourage à vraiment examiner votre mental et voir s’il s’y trouve une image de vérité, de liberté, d’illumination, ou de Dieu. Si c’est le cas, faites l’expérience suivante : laissez-la partir. Découvrez à présent s’il y a une attente associée à Dieu ; par exemple, que si vous lui êtes fidèle, il vous donnera une santé parfaite, la richesse, le bonheur éternel, etc. Regardez dans votre mental et voyez si la réalisation est censée vous apporter un quelconque soulagement dans votre vie, ou une forme de contrôle sur la vie. Puis, pour poursuivre l’investigation, laissez partir ces attentes, abandonnez-les, renoncez-y. Si vous espérez atteindre un état de clarté, une béatitude complète, ou une certitude sur la raison de votre présence ici-bas, laissez tout cela s’en aller afin d’être simplement ici. Laissez tout partir. Dès que vous n’avez plus rien, il ne vous reste que vous-même. Et s’il ne vous reste réellement que vous-même, vous êtes éveillé à qui vous êtes vraiment.

Si vous désirez être libre, et que vous ne donnez aucune forme à ce désir, que vous n’en attendez et n’en pensez rien, le laissant simplement être tel qu’il est, alors ce désir véritable révèle l’univers connu et inconnu dans sa totalité. Chaque particule se révèle être une, et cette unité c’est vous. Dès l’instant où vous pensez que votre désir de Dieu, de liberté ou de vérité devrait avoir un résultat particulier, avoir l’air ou être perçu de telle ou telle manière, vous obscurcissez la pureté du vrai désir.

Le défi dans le cœur de tout chercheur spirituel, indépendamment de la beauté et de la profondeur de sa quête, est d’arrêter de rechercher tout ce qui pourrait servir à réaliser cette aspiration ultime. Le défi consiste à laisser votre vie entière combler ce désir. Vous pouvez offrir le reste de votre vie à ce désir sans aucune idée du résultat, sans savoir si vous serez ruiné, sans domicile, riche ou célèbre. Vous pouvez offrir ce que vous avez, à savoir votre vie, à cet instant, à la vérité, à la liberté, à Dieu.

Toujours dans la perspective de la self-inquiry, je vous invite à vous poser la question suivante : Que m’apportera la réalisation de soi ? Les possibilités de ce type d’examen sont illimitées ; elles dépendent de votre volonté de voir et dire la vérité. Un tel examen n’a pas pour but de trouver la bonne réponse, il consiste à dire la vérité à propos de ce qui est découvert. Réfléchissez un instant à la chose suivante : Et si la réalisation ne vous apporte rien, absolument rien du tout ? Que se passe-t-il si vous n’obtenez pas une seule chose, ni physique, ni mentale, ni émotionnelle ni matérielle ? En vérité, elle ne vous apportera pas la moindre chose. Êtes-vous prêt à accepter cette vérité ? Si oui, vous êtes libre. Sinon, votre mental continuera à être attaché à quelque chose qui, vous l’espérez, vous apportera la liberté.

Tiré de « The diamond in your pocket », Gangaji, Sounds True Inc. 2007. Traduction Bertrand Coquoz-Phillot et Monique Niederoest
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Perles de tejo


Les pensées sont relatives,
Jamais complètement vraies,
Jamais complètement fausses.
Déjà, c’est plus léger.





Rien ne se résout dans l’individualité
Tout se résout dans l’Un.





Simple ne veut pas dire facile.





Qui se soucie d’être plus que parfait
Lorsqu’il vit la joie sans objet ?





Se déposer dans le Mystère
Avant qu’il soit conceptualisé
Dans « Je suis la Vie ».






La mauvaise réputation de la colère est surfaite.
La bonne réputation de la sagesse est également surfaite.





L’acceptation est la dynamique
De la Vie pré-accomplie.





On dit qu’on ne vit que des situations
À la mesure de nos capacités.
Je dirais plutôt qu’on ne vit que des situations
Où on peut se rencontrer.





Ton moi n’est pas au centre de moi.
Mon moi non plus d’ailleurs.





Un concept est un refuge.





On s’en fait pour un rien
On s’en défait pour un vide.





Tu ne veux rien.
C’est la Vie qui veut en toi
Ce qu’Elle est.





La co-création se résout
Dans l’évidence que je suis
Celle qui s’occupe de tout :
La Vie.





Nos croyances sont nos règlements.





Regarde le regard d’amour inconditionnel.
Laisse le regard d’amour inconditionnel te regarder.
Regarde-toi à-travers le regard d’amour inconditionnel.
Laisse le regard d’amour inconditionnel se regarder à-travers toi.





Le désir sans objet
Est la grande autorisation infinie.





Les croyances apaisent en fournissant des réponses.
Le « je ne sais pas » apaise en disant « ni oui ni non ».





L’espace immense de la grâce est une inspiration.
L’espace étroit de l’ennui est une fenêtre.





Tout comme la soit-disant pierre
Qui est un diamant,
Le soit-disant ennui
Est l’espace immobile
Dans lequel la Vie joue.





La possibilité de s’excuser souvent
Fait partie de la liberté
Même dans l’évidence
Que ça n’aurait pu se passer autrement.





La vigilance sans commentaire
Qui voit le mental
Voit par le fait même
D’où viennent les commentaires sur le mental.





Le mental a un commentaire
Même sur ce qui ne l’intéresse pas.
Le cœur est silencieux
Même ce qui lui est le plus cher.





Un pointeur n’est pas une vérité.
Il pointe vers une vérité
Qui n’est pas à un endroit précis.





Un pointeur pointe vers le lieu d’où il vient.





Profite bien du mauvais temps intérieur
Pendant qu’il passe.





L’Éveil : alterner de l’Éveil au non-Éveil
Dans l’indifférence.





Celui en nous qui cherche un moyen d’atteindre l’Éveil
Le fait pour empêcher l’Éveil.





Voir, c’est aussi vérifier,
Revérifier, et revérifier encore.





Dire à quelqu’un qu’il est un sage,
C’est déjà subtilement lui attribuer un rôle.
Pour le sage, ce rôle se volatilise aussitôt.





Le désir de l’ego est impatient.
Le désir de l’âme est intemporel.





L’Éveil, c’est se libérer
De ce que l’on croit
Devoir transformer.






Dans l’Éveil romantique,
Il y a transformation visible.
Dans l’Éveil tel qu’il est,
Il y a transmutation invisible.





La présence de l’Être est toujours là,
Même lorsque tu ne la sens pas.
La confiance de l’Être en toi est toujours là,
Même lorsque tu ne la sens pas.





Le grand risque n’est pas celui de l’inconnu.
C’est celui de l’humilité.





Refuser est la façon naturelle
De sentir qu’on existe.
Voir est la façon naturelle
D’Être.







Le oui qui n’est pas un non
Se referme.
Le oui qui inclut le non
S’ouvre.





Tu étais un jouet.
Tu es maintenant le Jeu.





Tu attends du maître de l’attention
Alors qu’il est Attention.





Les pratiques spirituelles sont inutiles, et nécessaires.





Tu veux savoir alors qu’on ne te demande
Que de voir.





Dans la servitude, tu répondais à un individu.
Dans la liberté, tu réponds de la Totalité.





Ces pensées ont été écrites à l’hiver 2015, pendant une retraite à Varadero, Cuba, organisée par mes très bons amis Della et Michaël.
Tejo
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La présence

C’est sur la pointe des pieds que j’ose venir vous partager mes réflexions sur ce sujet aussi profond que subtil. J’éprouve par ailleurs un réel plaisir à cette découverte et à ce partage.

Je dirais d’entrée de jeu que quand vous décidez de l’offrir, elle risque de vous échapper. Il ne s’agit effectivement pas d’un acte de la volonté. Elle tient davantage de l’abandon et d’une attitude de service. Par contre, quand vous l’oubliez, elle peut apparaître furtivement et elle disparaîtra pour un oui ou pour un non.

La Présence, c’est avant tout laisser être ce qui est. C’est essentiellement s’enlever de son chemin à Elle. C’est mettre nos croyances et nos intentions de côté. Il est ici question de cesser de vouloir quelque chose et de cesser d’évaluer ce qui advient. C’est réaliser profondément que nous ne sommes rien d’autre qu’un passage ou une occasion pour qu’arrive ce qui doit arriver.

Les gens présents sont habituellement plus silencieux que bavards, plus à l’écoute que grandiloquents. L’essence des choses étant à la fois simple, grandiose et touchant (parce que de résonance universelle), il y a souvent peu à ajouter quand quelqu’un arrive à en nommer une parcelle devant vous. La Présence s’exprime souvent par un regard ou un petit geste, à la fois discret, intense, léger et ouvert. Rien qui puisse perturber ce qui est en train de naître, rien qui puisse effaroucher l’élargissement de la conscience qui est en train de s’opérer, rien qui puisse empêcher le miracle d’arriver.

La Présence demande donc de la disponibilité, de l’ouverture, de la patience et parfois du courage. En effet, toute vérité n’est pas facile à entendre. Pensons à la souffrance, à la colère ou à la peur (deux des masques de la précédente). La Présence est aussi en lien avec la compassion, cette attitude de bienveillance intérieure qui nous permet d’accompagner et d’accueillir ce qui autrement pourrait facilement générer de la peur, donc du mépris.

La Présence est un des plus précieux cadeaux qu’on puisse offrir ou recevoir. Vous n’avez qu’à penser à vos plus grands moments de solitude non désirée, que ce soit seul ou avec d’autres. La Présence est associée à la sécurité du cœur et elle est la plus grande alliée de la Vie. Particularité à signaler, on ne peut être plus présent aux autres qu’à soi.

Tiens, je crois qu’Elle me fait subtilement signe de repartir sur la pointe des pieds, donc de me taire maintenant. Elle semble penser que ce qui pouvait stimuler et nourrir votre propre réflexion à son sujet a déjà été dit. Elle est d’ailleurs « présente » en vous. Il suffit de la reconnaître et de tout simplement la laisser être…

Marcel Gemme, Québec 2008.
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De l'éveil à la réalisation de soi

Que doit-on penser de ces personnes qui ont eu une expérience d'éveil puis l'on perdue ? Est-il possible de "perdre" l'éveil ?
La seule chose que je puisse répondre est la suivante : tout éveil doit se convertir en réalisation de Soi. Et la réalisation de Soi équivaut au Silence. Ce n'est pas une expérience car il n'y a pas d'expérimentateur. Ce qui seul prévaut alors est la Paix. En ce 'lieu' que j'appellerais Liberté, il n'y a personne. Même le guru a disparu. Ce qui reste est le Soi non-manifesté, seul véritable guru, et il n'est pas différent de vous-même.
Normalement, une personne qui perçoit sa véritable nature doit se laisser absorber par elle et n'en plus ressortir. Ce qui se passe en pratique, c'est que les prédispositions (que les indiens appellent 'vasanas') sont très puissantes et ressurgissent. Dans ce cas, un travail complémentaire doit être accompli jusqu'à ce que l'expérience se stabilise. Ramana Maharshi lui-même a souvent fait observer que jñaña peut mettre du temps avant de se stabiliser. La raison la plus apparente aux mésaventures que vous mentionnez provient du fait qu'éveil veut tout simplement dire découverte que la vie de l'état de veille est un rêve, qui inclut en fait le 'je'. Lorsque ce même 'je' se croit à l'extérieur du rêve (alors qu'il en fait partie) il travestit en quelque sorte l'expérience pour la récupérer à son profit. Il se pose alors comme l'observateur de cet éveil, usurpant en quelque sorte le rôle du Témoin, qui lui, ne fait pas partie du rêve et dont la simple présence ne constitue pas à proprement parler une observation.
Ainsi, ce qui arrive dans les cas que vous citez, c'est que l'ego tente de s'emparer de cette expérience et de dire, 'je' suis éveillé, 'je' suis réalisé, ce qui est un non-sens total. C'est en fait l'erreur de croire que 'je' connais l'éveil qui empêche la stabilisation de cet expérience que l'ego va ensuite se mettre à rechercher, sans se rendre compte que c'est la fausse appréhension qu'il vient de générer qui a occasionné cette 'perte' apparente. Ce qui est connu n'est donc pas l'éveil mais un aperçu de l'état naturel véritable, car l'éveil anéantit justement l'illusion d'un 'je' faisant l'expérience de quoi que ce soit. Il ne peut donc être question de 'perdre' l'éveil car éveil veut dire justement que 'je' ne suis pas là autrement que comme pure illusion.
Seule une puissante investigation au sujet de 'Qui' connaît ou ne connaît pas l'éveil permettra au 'je' en question de réaliser qu'il n'est pas différent de Cela et qu'il n'y a donc pas d'éveil à rechercher. Au moment même où il le réalise, le sens de la séparation disparaît. Et lorsqu'il disparaît, meurent avec lui les concepts qu'il générait, y compris ceux d'éveil ou de réalisation. L'illusion très tenace est de croire qu'il y a quelque chose à voir ou à expérimenter ! Or tout ce que vous pouvez voir et expérimenter est tout sauf l'éveil ! L'éveil est au contraire une non-expérience à la lumière de laquelle l'ego apparaît comme foncièrement non existant. Lorsque ceci est compris, l'éveil se mue en réalisation de soi. Ainsi, lorsque le but est atteint, il n'y a personne pour le revendiquer. Le véritable 'Je' demeure silencieux. Seule demeure la Paix.

L'auteur souhaite garder l'anonymat.
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Être

Prologue

Si tout ce qu'il y a est conscience, s'il n'y a que conscience, alors pourquoi ou pour quelle raison cherchez-vous encore ? S'il y a seulement conscience, vous devez être cela maintenant, et que tout ce qui apparaît dans et en tant que conscience, y compris votre sens de séparation de moi si c'est ainsi que vous y apparaissez en ce moment. Tout sentiment personnel du "Je" ou d'être l'auteur des choses» ou l'ego doit être conscience. Que pourrait-il être d'autre ?

Je, l'ego, le temps, la pensée, la séparation, - si tout ce qu'il y a est Conscience alors tout cela n'est-il pas déjà cette conscience ? Toute apparence d'existence banale, ordinaire, ne peut pas être moins de conscience que toute apparence d'amour inconditionnel, de plénitude, de bonheur, de calme, de silence ou de toute autre chose. Y a t il quoi que ce soit qui doive vraiment se transcender, se trouver ou lâcher prise ?

Pourquoi ne pas vivre dans cette compréhension, sans plus avoir besoin d'attendre l'apparition des signes supposés de «l'illumination» ?

Lucidité

Jusqu'à l'âge de 25 ans environ, je n'avais aucun intérêt pour les questions spirituelles et tout ce que je savais à ce sujet était ce que j'avais appris dans les cours d'éducation religieuse à l'école.

Vers 1985, j'ai rejoint un ordre fraternel qui m'a envoyé régulièrement des cours mensuels concernant le mysticisme et le «droit universel».

Après quelques années, j'ai trouvé cela un peu indigeste et me suis intéressé à l'enseignement d'un professeur indien décédé offert, à nouveau, dans des cours mensuels, ainsi qu'une relation gourou-disciple - même s'il était déjà décédé !

Quelques années et techniques spirituelles plus tard, lassé de cela je suis tombé sur le livre d'un gourou de l'Orient. Ce livre me disait que j'étais déjà éveillé et ne nécessitait aucune libération. La vérité de ce qu'il disait était évidente. Toutefois, il a ensuite commencé, (dans les années suivantes et au cours de quelques livres) à se proclamer le maître du monde et à offrir une relation gourou-disciple avec ceux qui étaient intéressés.

Je n'en faisais pas partie, bien qu'au cours des cinq années suivantes, j'ai lu quelques autres de ses livres et à peu près tous les livres spirituels autres qui pouvaient me tomber sous la main. Mais, rien n'a été aussi tranchant pour moi que le livre de ce gourou de l'Orient. Quelque part en moi je savais que c'était vrai, que j'étais déjà éveillé et libre, mais, j'étais encore confus parce qu'il me semblait simplement être un mec ordinaire avec tous les problèmes habituels des gens ordinaires.

De toute façon, j’ai été écœuré des trucs de ce gars et de tous les autres, puis j'ai frappé à la porte de l'Advaita. J'ai tout lu de et sur Ramana Maharshi, Jean Klein et Nisargadatta Maharaj et tous les écrits de Ramesh Balseker.

Une grande partie de la confusion que j'avais ressentie s'en est allée.
J'ai compris que tout ce qu'il y a est conscience, mais pourquoi je me sentais encore comme un moi séparé ? Quel était le chaînon manquant ? Si j'étais déjà éveillé et libre alors pourquoi ma vie ressemblait-elle à un tas de fumier?

En 1997, j'ai lu le premier livre Tony Parson's "The Open Secret".  Je l'ai contacté et il m'a invité à participer à une discussion dans une maison privée à Londres.

J'y suis allé m'asseoir dans la salle bondée et il est devenu clair pour moi que j'avais construit toute une mystique autour de l'illumination.

Tony avait l'air d'un homme ordinaire. Il parlait avec beaucoup d'humour et de patience. J'ai écouté ce qu'il a dit en réponse aux questions des gens et j'ai été frappé par la simplicité et la clarté de ses réponses. Je suis allé à plusieurs réunions au cours de l'année suivante et ai parlé à Tony au téléphone aussi souvent que possible.

Je voulais en faire mon «Enseignant», mais il a expliqué qu'il n'avait rien à enseigner, qu'il n'y avait rien à apprendre. Il a souligné qu'il n'y a que Conscience et que je suis déjà cela. Même si je l'avais déjà accepté, cela a vraiment commencé à s'ancrer en moi. Tony a souligné qu'il n'est pas nécessaire d'associer toute sorte d'«événement» à la reconnaissance de votre nature consciente.

Eh bien, quand c'est arrivé, en Septembre 1998, une manifestation a eu lieu.
J'étais en train de jardiner et une légère pluie tombait. Je levai les yeux et il y avait un sens subtil de «moi» sans être là. J'ai pris mon vélo et j'ai fait le tour des allées et cela ressemblait a la projection d'un film se passant sans aucun effort de ma part pour y prendre part.

Même si Tony a fait observer qu'aucun événement est nécessairement associé avec la reconnaissance de votre nature en tant que conscience, j'en ai de toute évidence attendu subtilement un, parce que lors de la survenue de cet événement, ou de cette expérience, je me suis donné la « permission » d'être éveillé. J'avais attendu une confirmation.

J'ai appelé Tony et tout excité lui ai expliqué ce qui se passait et, après m'être donné
 la « permission » d'être éveillé, je me suis permis de parler depuis clarté de la compréhension qui s'était développée au cours du processus de ma recherche avant que l'événement n'ait lieu. Je ne me suis plus adressé à Tony en tant que chercheur et il a reconnu que je parlais maintenant depuis ma nature en tant que conscience.

Maintenant, après avoir associé cette expérience avec l'éveil, j'ai commencé à en faire quelque chose de précieux.

Je me suis réveillé le lendemain. Etait-ce toujours là ? Oui!
Puis, après quelques jours, j'ai remarqué que l'expérience s'émoussait un peu, mais quelques jours plus tard, elle était à son comble à nouveau. Après quelques semaines de va et vient et d'essais pour m'y accrocher, je suis allé à l'une des discussions de Tony et l'expérience semblait être pleinement là mais quelques jours plus tard, elle disparu complètement. Je n'ai rien dit à Tony à ce sujet et Je n'allais plus aux réunions pendant un moment. Je me sentais à nouveau confus.

Puis il m'est arrivé de lire un livre intitulé "Collision with the Infinite" par une femme appelée Suzanne Segal qui, au cours de nombreuses années, a eu cette expérience en continu. Après plusieurs années il a été confirmé par certains «maîtres» qu'il s agissait bien de «l'illumination». Puis elle est tombée malade et mourut, et, dans la postface du livre de Suzanne qui a été écrit par un ami thérapeute, j'ai lu que près de la fin, elle était devenue confuse et frustrée parce que l'expérience l'avait quittée.

C'était cela ! Soudain, il était absolument clair pour moi que ces expériences - que j'appelle événements ou expériences transcendantales - n'ont en fait rien à voir avec la lucidité. Une expérience transcendantale peut durer quelques secondes ou dix ans ou peut-être même le reste de votre vie, mais une expérience transcendantale est juste une expérience.
Beaucoup de gens ont vécu ces expériences, puis l'expérience est partie et souvent la personne se retrouve avec un désir de renouvellement. Ils pensent qu'ils ont eu un avant-goût de «l'illumination», alors que tout ce qu'ils ont eu, c'est une expérience transcendantale. Marcher dans la rue est une expérience, mais elle est si ordinaire que vous ne cherchez pas plus à la renouveler.

La confusion était partie. Je savais ce que je suis sans aucun doute et il a été évident que j'avais déjà été cela toute ma vie. Je ne sollicitais plus aucune expérience pour me le prouver.

L'ensemble de ma «recherche spirituelle» a été ajoutée à ce que je suis déjà et j'ai compris aussi pourquoi les gens sont confus autour de cette question dans son ensemble. Pourquoi ils confondent «spiritualité» avec lucidité.

Cette reconnaissance de ma vraie nature n'a été associée à aucun événement ou une expérience transcendantale. Il était clair qu'une expérience transcendantale de toute nature amène la confusion si elle survient avant que vous reconnaissiez avec clarté votre nature en tant que conscience.

Il est évident que l'événement qui a été vécu n'avait rien à voir avec la clarté de la reconnaissance. La survenue de l'événement a mis fin à la confusion et m'a permis de voir clairement à quel point j'avais été subtilement en attente de la permission d'être ce que je suis déjà.

Je vois maintenant qu'aucun événement n'a de signification quelconque à la lumière de la clarté ordinaire et quotidienne de ce que vous êtes vraiment.

Tiré de « Être » Nathan Gill aux Éditions Accarias Originel
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Pourquoi l'impersonnel n'existe pas

Quoi que soit l’impersonnel, il s’exprime en réalité en tant que personnel, et la
liberté véritable ne peut pas venir au travers du déni ou du rejet de l’histoire
personnelle – il est en réalité au coeur de cette histoire, au coeur du désordre de
l’existence humaine. C’est là que brille la grâce.

Pensez à Jésus sur la croix. Là, au coeur de la souffrance la plus terrible –
exactement au centre des os cassés, de la peau et des muscles déchirés, le Divin
brillait, impersonnel et libre. Jésus était absolument humain et dans cette
humanité, absolument divin. Il n’a pas trouvé la liberté en s’échappant de la
croix, en rejetant le personnel. Non – la liberté, Dieu, la complétude était
exactement là au centre de la croix, où la vie et « ma vie » se croisent et se
détruisent. La liberté était, et est, la vie-même.

Nous, nous tous, vivons au centre de ce croisement – là, où la verticale (ce qui
est au-delà du temps et de l’espace) rencontre l’horizontale (le temps et
l’espace), où le véritable impersonnel (l’espace ouvert dans lequel apparaît cette
histoire) rencontre le personnel (l’histoire de « moi »). Et cela va jusqu’au point
de ne plus pouvoir utiliser les mots « personnel » et « impersonnel », car vous
n’avez aucun moyen de les séparer. Où commence l’un et finit l’autre? Peut-être
n’existe-t-il pas de ligne de séparation – au centre de la croix, il n’y a peut-être
que l’Un. Ce que je suis vraiment est peut-être inséparable de la vie-même, peut-être
ai-je toujours été ce que je désire tant… peut-être…

Dans mon histoire (oui, une histoire apparaît ici – qui pourrait le contester ?) j’ai
passé des années à repousser le personnel, essayant de me débarrasser de mon
histoire personnelle, de m’installer dans l’Absolu, de rejeter le « quelqu’un » et
de devenir « personne ». Jeff était l’ennemi, je devais m’en débarrasser. Le soi
personnel était le diable, et seulement par la destruction du diable je pourrais
rencontrer Dieu. L’ego était le mensonge à éliminer, ou du moins c’était ce que
je croyais à l’époque. J’avais lu un grand nombre de livres spirituels et j’étais
arrivé à des conclusions sur la réalité – ne réalisant pas que mes conclusions
étaient en réalité des croyances personnelles. Les êtres humains sont des
créatures étonnantes. Nous pensons avoir trouvé la vérité objective, alors qu’en
fait nous nous sommes reposés sur une croyance subjective et nous l’avons
oublié.

Pendant un certain temps, « l’impersonnel » ressemblait à la liberté pour moi,
car le personnel était devenu invivable. Mon histoire personnelle (l’existence
relative) était devenue un enfer – je haïssais ma vie, je souffrais d’une terrible
phobie sociale, me vivais comme un échec total, je ne voyais aucun intérêt à
vivre – et donc échapper dans le paradis impersonnel, promis par les
enseignements de l’Advaita, prenait tout son sens. « Il n’y a pas de moi, il n’y a
pas de vous, pas de monde, pas d’autres, la souffrance n’existe pas, il n’y a
aucune responsabilité à aucun niveau » Ouah ! Quel confort pour le chercheur
épuisé ! Un aller pour la liberté loin de tous les problèmes du monde ! Alléluia !
– Aucune responsabilité, pas de passé, pas de choix – quel soulagement ! Je
pouvais faire et dire ce que je voulais, même blesser des gens intentionnellement
et cela n’avait aucune importance, puisque tout était l’Un et que de toute façon
je n’avais aucun choix. Du moins, je le croyais.

Je pensais être libre, et pendant ce temps le chercheur se nourrissait, se gavait de
tous ces nouveaux concepts de l’Advaita. Je pensais n’être personne, et, en fait,
mon histoire personnelle se régalait de l’idée même que j’étais « au-delà » ou
« au-dessus » du personnel. Je pensais être libre de toutes divisions, et, en
réalité, la « non-dualité et la « dualité » étaient en guerre, le « personnel » et
« l’impersonnel » se disputaient violemment. Je rejetais tous les chemins
spirituels et pratiques – ils étaient tous duels et basés sur l’ignorance. J’étais en
guerre avec tout enseignant qui semblait proposer un chemin personnel. Je
considérais ces enseignants comme « dualistes », parce qu’en s’adressant à une
personne et lui offrant un espoir quelconque, ils semblaient, en fait, nourrir la
recherche et maintenir les personnes prisonnières de leurs histoires. Les
enseignements impersonnels – ceux qui ne s’adressent pas à une « personne » et
n’offrent pas au chercheur non existant un espoir ou confort – étaient l’unique
vérité ; cela semblait être la seule progression logique. Et j’aimais prévenir les
gens contre ces enseignants dualistes qui gardaient les personnes prisonnières,
dans leur ignorance, et bien sûr lorsqu’on me questionnait à ce sujet (« Jeff,
n’est-il pas hypocrite d’appeler les autres enseignants « dualistes », alors que les
autres n’existent pas et que la dualité est une illusion ? »), je faisais marche
arrière et disais qu’il n’y avait personne ici avec une opinion sur quoi que ce
soit, et que tout était parfait tel que c’était. Oh oui, j’étais devenu très habile
avec les mots. Vous y êtes obligé lorsque vous devez défendre une position en
faisant comme s’il n’y avait pas de position à défendre. C’est comme cela que
les gourous sont nés. J’appelle cela le « piège de l’Advaita » – et à l’époque je
ne pensais pas être piégé – je pensais être libre. Souvent lorsque vous pensez
être libre, vous êtes en fait plus emprisonné que jamais.
-------
Toutefois la vie même est toujours au-delà de tous ces opposés. Elle est au-delà
du « soi » et du « non soi », de la « personne » et de la « non personne », du
« chemin » et du « non chemin », du « temps » et de « l’absence de temps ». La
vie telle qu’elle est, est complètement au-delà de toute compréhension tout
comme la vague ne comprendra jamais l’océan, parce qu’elle EST l’océan…
La vague et l’océan
Imaginez une vague dans un océan. La vague se dit à elle-même : « Je suis
séparée de l’océan ». Elle se croit et s’expérimente comme existant séparément
de l’océan. Elle croit qu’elle est née en tant qu’entité séparée et qu’elle mourra
un jour. Elle a une histoire d’un passé et d’un futur, elle peut parler de ses
expériences passées, ses succès, ses échecs, ce qu’elle a accompli, ses espoirs,
ses regrets et ses peurs. Et de milliers de façons différentes elle passe sa vie à
chercher : chercher l’amour, l’approbation, le succès ou l’illumination
spirituelle, et ce qu’elle recherche vraiment, bien sûr, c’est l’océan. Pourtant la
vague est déjà l’expression parfaite de l’océan – elle l’était depuis le tout début.
L’océan s’exprime au travers de toutes ces vagues apparemment différentes.
L’Un s’exprime au travers du « multiple », même si en réalité, le « multiple »
n’est pas séparé de l’Un.

Le fait est que la vague semble seulement exister, semble seulement – en réalité
il n’existe pas de vague séparée. La vague littéralement « ex-iste » (se tient en
dehors) de l’océan – mais en réalité, aucune vague séparée ne ressort. Il semble
que nous ayons là un paradoxe – une vague semble exister (ressortir) et en fait
n’existe pas (car comment quoi que ce soit pourrait-il ressortir, lorsque l’océan
est tout ce qui est ? Comment l’océan peut-il se tenir en dehors de lui-même ?).
Nous avons le paradoxe de l’impersonnel apparaissant comme le personnel. La
vague est à la fois le personnel ET l’impersonnel. À la fois, elle existe et n’existe
pas. Elle apparaît être séparée (l’histoire) et pourtant elle n’est pas séparée de
l’océan, de la vie.
Maintenant, le monde de la vague est le monde de la dualité. Du point de vue de
la vague, il semble qu’il existe des divisions : entre l’impersonnel et le
personnel, entre l’absolu et le relatif, entre la vacuité et la forme, entre la dualité
et la non-dualité. Cependant du point de vue de l’océan ces divisions n’existent
pas – rien n’existe. Seule une vague divisera le personnel de l’impersonnel, le
soi du non soi, quelqu’un de personne. L’océan ne peut pas diviser de cette
manière, car il est tout ce qui est, sans aucune possibilité de se diviser de lui-même.
L’eau ne peut se diviser de l’eau.
Seule la vague parle. L’océan reste silencieux : il n’a rien à dire. Il « n’existe »
pas, car il ne peut « sortir de lui-même », il ne peut se séparer en aucune
manière.

Ainsi il devient clair que :
1. Seule l’apparence d’une personne pourra diviser le personnel de
l’impersonnel, puis affirmer que son expression ou son enseignement est l’un ou
l’autre.
2. Seule une personne affirmera ne pas être une personne, car seule une personne
verra cette division (personne / non personne). Identiquement, seul un soi
affirmera ne pas avoir de soi, seul un ego affirmera être libre de l’ego…
3. Seul un enseignement ancré dans la dualité rejettera comme dualistes d’autres
enseignements. Seul un enseignant en conflit avec sa propre ignorance donnera
l’étiquette d’ignorant à d’autres enseignants. Le monde est un parfait miroir de
vous-même.
4. Si un enseignement était parfaitement impersonnel, il n’existerait pas,
rencontres et retraites seraient impossibles. L’océan ne parle pas. Pour pouvoir
s’appeler impersonnel, un enseignement doit d’abord s’inscrire dans le
personnel, puis le rejeter. Ingénieux !

Tout cela est merveilleux et signifie que personne n’a les réponses. Cela signifie
aussi que lorsque l’on aborde l’océan, aucune vague ne peut être une autorité.
Aucune vague de l’océan ne peut transcender l’océan – car elles sont seulement
l’expression de l’océan. Une vague qui prétend avoir transcendé l’océan ou être
allée au-delà de l’océan, n’est toujours qu’une vague qui fait certaines
déclarations. Même le plus radical des enseignants de l’Advaita n’est toujours
qu’une vague. Personne n’a « atteint » l’impersonnel ou « n’est allé au-delà » du
personnel, parce que la vague ne peut pas aller au-delà d’elle-même. Toutes les
vagues sont égales en essence : elles sont eau.
En d’autres termes, l’impersonnel ne peut pas être l’impersonnel tant qu’il
n’inclut pas et n’embrasse pas le personnel. Cela semble être une complète
contradiction, mais vous devez souvent utiliser des paradoxes lorsque l’on parle
de quelque chose qui ne peut être mis en mots ! L’impersonnel est le personnel –
la non-dualité est la dualité – alors ils sont complets. Vous ne trouverez nulle
part l’impersonnel si ce n’est au coeur du personnel – un paradoxe absolu,
pourtant aussi simple que la respiration.

Je pense que ce qui a tendance à se passer est ceci :
1. La vague voit qu’elle est l’océan.
2. La vague utilise cette vision pour nier qu’il y ait d’abord eu une vague – ou
qu’il y en ait jamais eu une.
Oui c’est très subtil. C’est pourquoi vous devez être très prudent lorsque vous
parlez de non-dualité ! Vous voyez le chercheur veut être nourri. Dès que le
chercheur s’est emparé d’un concept – « il n’y a pas de moi, pas de monde, pas
de souffrance etc. » – si ce que ces mots désignent n’est pas vu avec une clarté
absolue, le chercheur les utilisera pour approfondir la recherche et
l’identification. Par exemple s’il n’y a pas de libre arbitre, pas de choix, si les
autres n’existent pas et que personne ne souffre, « je peux alors faire tout ce que
je veux, je peux sortir et tuer quelqu’un, cela est sans importance, parce que tout
est Un et qu’il n’y a pas de choix ». Voici ce qui se passe lorsque la non-dualité
devient un autre système de croyances, une autre religion, une autre forme de
séparation.

La fin du fondamentalisme
La façon dont je parle de la non-dualité a ainsi vraiment changé au fil des ans,
elle a évolué jusqu’à incorporer cette vision fondamentale de la non-séparation
entre ce que l’on appelle « le personnel » et « l’impersonnel ». J’avais l’habitude
de parler beaucoup plus du point de vue de l’Absolu – la perspective océanique :
ni moi, ni vous, ni monde – et je le fais encore parfois, mais seulement à certains
moments et dans certains contextes, lorsque cela semble approprié. Du point de
vue de l’océan, il n’y a ni temps, ni espace, rien à faire et nulle part où aller, car
l’océan est au-delà de toutes ces divisions. Cependant au même instant, la vérité
ultime s’exprime en tant qu’espace et temps, en tant qu’apparence des vagues,
en tant qu’apparence de quelqu’un dans un monde. Il n’y a ni vous, ni moi, mais
il existe l’apparence de vous et moi – c’est là où nous vivons, où nous nous
rencontrons : dans l’apparence. Vous n’existez pas, et pourtant vous êtes, c’est
pourquoi je peux vous aimer. Je ne suis pas ici en tant qu’entité séparée,
pourtant je suis ici, indéniablement, tout comme vous. Ce que je suis (en tant
qu’océan) est au-delà de l’histoire, et pourtant indéniablement l’histoire apparaît
(la vague) – et en tant que vague, je n’ai pas besoin de rejeter l’histoire ou
prétendre qu’elle n’existe pas – comment une histoire pourrait-elle en nier une
autre ? Je danse et joue en tant que vague, me connaissant à tout moment comme
l’océan, sans aucune contradiction. Cela n’apparaît comme un paradoxe que
pour le mental qui cherche…

Ainsi ce qui est vu actuellement est que la non-dualité n’est pas le rejet de la
dualité, mais sa célébration – une célébration si complète qu’il n’est pas même
possible d’utiliser les mots « non-dualité » et « dualité » séparés l’un de l’autre.
Quelqu’un et personne sont en réalité un – ils n’ont jamais été deux. S’il n’y a
« personne » c’est la crucifixion, et lorsque « quelqu’un » apparaît c’est la
résurrection. La crucifixion nécessite la résurrection pour être complète. Ainsi
l’Advaita radical n’est que partiellement vrai – jusqu’à ce qu’il se complète avec
sa réflexion.

Jeff Foster
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Extrait d'un article écrit pour la Revue du 3ème millénaire
traduit par Laya
Automne 2011
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Comment fonctionne l'ego ?


L'ego est le " moi, je ", ce sentiment d'exister comme un individu indépendant avec les relations qui dérivent de cette impression.

L'expérience d'ego est de vivre toute perception par rapport à cet objet observateur-sujet.

L'ego a une appétence fondamentale : un désir d'existence et de plaisir, qui se traduit en pulsions de possession, de rejet et d'indifférence. Ce fonctionnement se manifeste ainsi par des attitudes passionnelles d'attraction, de répulsion ou d'indifférence, développées face aux personnes, aux choses, ou aux situations auxquelles l'ego est confronté : " je " veux ce qui est bon, " je " ne veux pas ce qui est mauvais, " je " ne veut pas être exposé à ce qui m'est indifférent. Ces appétits de l'ego le font s'engager dans toutes sortes de lutte pour obtenir ce qui lui est agréable et éviter ce qui lui est désagréable.

Malheureusement et paradoxalement, au lieu d'aboutir à ses fins, sa lutte lui crée des désagréments, conditionnements et souffrances ! Ce fonctionnement de l'ego est notre conditionnement habituel dans lequel nous construisons notre propre souffrance.

Qu'est-ce que l'ego ?

Fondamentalement, l'ego n'est rien qu'une impression : ce sentiment que l'on a " d'être " et " d'avoir " un ego ne repose sur rien, c'est simplement une illusion. En effet, l'ego n'est pas " quelque chose " qui aurait une existence indépendante et autonome, c'est un processus dynamique qui, dans son fonctionnement, produit le sentiment d'individualité. C'est pourquoi l'ego est dit " vide d'existence propre " : cette impression n'existe que dans la combinaison des facteurs interdépendants qui la constituent.

Lama Denys Teundroup
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Le bonheur en soi

Un document riche, percutant et profond sur la non-dualité. Je l’ai trouvé éclairant et touchant. Je vous le recommande chaleureusement. Une centaine de pages de beauté et de vérité à notre portée, gratuitement. Merci à l’auteur anonyme.

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Je ne sais rien

Je ne sais rien. Je ne suis rien. Je n'ai pas de connaissances qui me distinguent. Je n'ai pas de statut, ni aux yeux de Dieu ni aux yeux des hommes. Rien ne me différencie de mon frère humain. Je n'ai pas de pouvoir ni d'intention de pouvoir. Je suis le mystère incarné de la vie. Je suis "complet" dans la simplicité de l'acceptation de ce mystère, sans attente, sans question.

 
Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment et je ne cherche pas à savoir. Je suis la Paix. Je n'ai pas mémorisé de conseils à fournir, pas de méthode à proposer. Mais je réponds aux questions, comme j'accueille un rayon de soleil ou une goutte de pluie. Je suis, dans l'accueil de "ce qui est".

Dépourvu de savoir, l'âme est simple, détendue.

Il ne manque rien à celui qui n'aspire pas au savoir. Le savoir est toujours incomplet, il en manque toujours un morceau. Le puzzle grandit à mesure qu'il semble se compléter. Je ne sais pas ce qu'est la vie après la mort du corps, mais j'ai clairement perçu qu'elle était éternelle. Je ne sais pas si Dieu existe, mais j'ai vu que la vie était Intelligence. Je ne sais pas si je suis toujours juste dans mes actions et mes pensées, mais je m'abandonne au flot de la vie.
 
Je ne sais pas s'il vaut mieux être spirituel mais j'ai vu qu'il était bon d'être vivant. Je ne sais pas s'il y a plus et plus loin mais je sens que je n'ai pas à y aller. L'ambition est réduite à l'impulsion de l'instant. Je ne sais pas ce que sera demain mais je vis ce qui est aujourd'hui. Vraiment, je ne sais rien et cette ignorance est Divine. Je ne peux plus être le réceptacle perpétuel d'informations, je ne peux plus être que l'accueil de la vie. Je ne suis pas un disque dur, je suis un cœur tendre.

Je ne sais pas pourquoi j'écris cela. Je ne sais rien...
 
 Thierry Vissac

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Les 4 étapes de la réalisation

Jack Kornfield nous présente, dans son livre «Après l'extase, la lessive» une des cartes de l’éveil les plus connues dans le bouddhisme : la tradition Theravada des Aînés du Sud-Est asiatique. Cette carte décrit l’éveil en quatre étapes successives dites de notre " noble réalisation ". Chacune d’elle conduit à un nouveau degré de libération.
 
1. La première est appelée :" Entrer dans le courant. "  Cette entrée dans le courant survient lorsque nous goûtons pour la première fois la saveur de liberté absolue de l’éveil : une liberté du cœur, au-delà de toutes les conditions mouvantes du monde. "
2. La deuxième étape : " Revenir encore.  Même lorsque nous avons vu la vérité, de plus amples purifications demeurent nécessaires pour transformer notre caractère et intégrer cette nouvelle compréhension de la vie. Ainsi commence ce voyage, allant de l’entrée dans le courant jusqu’à la seconde étape, " Revenir encore ". Par un processus profond qui demande souvent de nombreuses années, nous découvrons et évacuons nos habitudes les plus grossières de saisie et d’aversion qui recréent ce sentiment d’un soi plein de peurs et de limites. Atteindre la deuxième étape requiert une attention constante, sensible à la souffrance qui survient lorsque nous nous accrochons à nos désirs et à nos peurs, à nos idées et à nos idéaux. "
3. La troisième étape : " Non-retour. "  À ce stade nous sommes définitivement libérés de tout ce qui reste de désirs, saisies, colères et peurs; nous n’aurons plus jamais à retomber sous leur joug. Ceux qui progressent jusqu’à cette troisième étape sont peu nombreux et ils y accèdent au terme d’un long processus consistant à demeurer profondément dans le calme et la vacuité. "
4. La quatrième étape : " Grand Éveil. "  Arrive enfin la quatrième étape, la plus extraordinaire, appelée " Grand Éveil ", dans laquelle les dernières traces de saisies subtiles – à l’égard de la joie, de la libération et de la méditation elle-même – disparaissent. Maintenant, sans les moyens d’identification à un soi, l’individu est libre de ses vestiges d’orgueil, de jugement, d’agitation, de séparation qui voilaient l’être pur. Le rayonnement de notre vraie nature brille sans obstacle dans notre vie entière. " "

Cette carte explique comment une personne, ayant expérimenté l’éveil manifeste et profond, peut encore se laisser emporter par l’avidité, la colère et l’illusion. Une fois entré dans le courant – étape numéro 1 –, un individu peut donner des enseignements vraiment inspirés sur la réalisation et l’illumination et pourtant ne pas les vivre. Pour cette raison, des étapes ultérieures d’éveil sont essentielles. […] " Les signes concrets et les moyens de réalisation étant très divers, un désaccord important existe entre les Aînés à propos de l’entrée dans le courant. […] À l’intérieur même d’un monastère, il arrive que des maîtres se querellent entre eux pour savoir si un étudiant a vraiment obtenu ces réalisations ou pas. Mais il est encore plus difficile pour les étudiants d’obtenir des instructions précises et sans ambiguïté dès qu’il s’agit de suivre le chemin qui se situe au-delà de l’entrée dans le courant. Un enseignant bouddhiste avancé, connu comme l’un des pratiquants occidentaux les plus expérimentés, m’a dit : ‘ Après des années de retraite, je me rendis en Birmanie. Le maître nous incitait au plus grand effort et j’expérimentai de nombreux niveaux de visions qui m’amenèrent à une réalisation stupéfiante du dharma (la voie bouddhiste). […] Comme je voulais savoir ce dont j’avais besoin pour atteindre cette deuxième étape, j’ai essayé de donner des réponses directes aux nombreux maîtres mais toutes les réponses étaient étonnamment vagues et obscures. Pour finir, mon maître me raconta que, pour lui, la deuxième phase de pratique avait consisté en une purification qui lui avait demandé de nombreuses années. Ce que je sais aujourd’hui, c’est qu’il faut continuer à suivre la direction du dharma, mais je ne suis pas sûr que nous puissions savoir exactement à quel point nous en sommes arrivés et combien il nous reste à faire.
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Quand CELA est arrivé

Un jour CELA est arrivé
enfin quand je dis un jour
je ne saurais dire lequel
ni même si c'était un jour ou une nuit
ou le fruit de leurs amours deux fois par jour unis

Et quand je dis arrivé
est-ce bien CELA qu'il faut dire
car rien n'est en fait arrivé
si ce n'est un nouveau regard
sur mon propre regard
qui sans doute auparavant
n'avait su regarder vraiment.

Ou bien était-ce simplement moi
qui me mettais devant
ce qu'il y avait à voir
c'est à dire CELA
que j'avais toujours vu
sans jamais le savoir.

Gérard Bellebon

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En la vie , je vis

J’inspire la Vie et la Vie m’inspire
Nous communions ainsi en chaque instant
Son souffle est mon souffle
Chacune de mes cellules est animée par cette Essence de Vie
Je suis le fruit de son arbre
Fontaine de lumière, pluie lumineuse, bain de jouvence
Mouvements incessants et pénétrants dans les formes
 et les non formes infinies
Force et douceur, puissance et légèreté
Elle sait car Elle est le tout, c’est l’évidence absolue
Elle est porteuse, Elle élève, Elle nous enfante
Je m’ouvre à Elle et Elle s’offre à moi
L’Union est notre accomplissement
En Elle et par Elle je célèbre l’instant, je L’honore, je L’aime
C’est la magnificence, la complétude et la plénitude.
Amour & Joie en l’Unité.

Benoît Favresse 21.11.12
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L'appel de la femme sauvage

Laisser la vie sauvage libre en nous.

Le sauvage, c’est la vie en nous, libre de toute éternité. La femme sauvage est libre parce qu’elle laisse la vie jouer librement en elle. Et cette liberté est possible, lorsque la femme se reconnait comme étant la vie même et la liberté même. Que signifient cette vie libre et cette liberté ? Comment peut-on (re)devenir sauvage, vivante, libre ?

Retrouver notre nature sauvage de petite fille
Souvenons-nous… de la petite fille que nous étions, vers trois, quatre ans. Nous étions tellement vivante ! Il n’y avait pas en nous de distinction entre nous-même et ce que nous vivions. Il n’y avait pas nous et la vie, concepts d’adulte. Nous étions la vie même, et celle-ci agissait librement à travers nous. Nous vivions l’instant qui se présentait, sans aucun commentaire, sans jugement, sans notion de bien ou de mal, juste le vécu direct de chaque moment. Un vécu intense, vibrant, curieux de tout. Nous ne savions pas raconter notre journée, car seul l’instant comptait. Nous étions l’instant. Nous étions un espace libre au sein duquel toute expérience pouvait éclore, se vivre puis retourner à sa source et y disparaitre sans regret, sans manque, sans stratégie d’un après, sans idée d’un future à construire. Nous étions une conscience en éclosion, heureuse d’explorer notre corps et le monde, une conscience brute, libre et spontanée. Sauvage puisqu’indomptée. Indomptée du fait d’un mental encore en sommeil, puisqu’en construction. Encore libre de l’idée, du concept, de la croyance même d’être une personne séparée de cette vie qui nous anime et qui nous constitue.

Se séparer de soi pour mieux revenir
Puis est venu le temps de la « séparation », de la construction mentale et imaginaire d’un moi séparé, d’une identité solitaire, désunie de sa propre matrice, la vie. L’attraction éducative et sociale a été trop forte : nous avons troqué notre liberté originelle et la joie merveilleuse qui l’accompagnait contre une identité individuelle de façade qui revendique une liberté de choix et un libre arbitre qui nous séparent encore un peu plus de la vie que nous sommes. Et ce faisant nous avons perdu notre bien le plus précieux, la vraie liberté qui exige un don de soi total au vivant, pour à nouveau laisser la vie être. Nous avons voilé notre sauvagerie par un masque social et la revendication d’avoir une vie propre à défendre et à construire. Et aujourd’hui, nous trouvons que ce masque est bien lourd à porter. Nous cherchons la façon de le faire enfin glisser de notre visage. Parce que la mémoire de la petite fille sauvage se rappelle à nous.
Ne rien regretter. Le voyage au sein de la séparation fait partie du jeu. Il faut se retirer de soi-même pour mieux se retrouver, se redécouvrir, se reconnaitre à nouveau comme libre et unifiée à la source du vivant, cette fois avec une conscience adulte, mature, capable d’assumer sa vie dans le monde tel qu’il est et de créer. Ne pas être sauvage et libre est une croyance, c’est une perception erronée sur soi-même. Pour retrouver notre sauvagerie, nous avons juste à regarder profondément en nous-mêmes afin de démasquer le faux et retrouver le vrai, notre liberté innée.

Voir que nous rejetons le sauvage en nous
Vers la trentaine, j’ai voulu apprendre à dire « oui à la vie » car selon de nombreux textes de sagesse ancienne, ce oui semblait annoncer la fin de cette souffrance qui souvent me submergeait. Je m’assis en méditation et plongeai en moi-même afin de toucher ce graal. Or, je n’y trouvai qu’un refus magistral et puissant de tout ce qui se vivait en moi (émotions et sensations) et à l’extérieur de moi (évènements et expériences). A chaque instant je désirai autre chose, me mettant en décalage constant avec le réel et l’instant, créant ainsi tensions et souffrance. Observer le mécanisme du refus devint ma pratique prioritaire. J’appris à plonger dans mes perceptions intérieures et à toucher de plus en plus profondément la sensation du refus et ses tensions. Mois après mois, année après année, j’ai pu sentir le rejet se « vider », pour laisser la place à de longues phases de joie sans cause qui devenaient possibles du fait de l’espace ainsi créé. Ce fut effectivement la fin de la souffrance, car la souffrance vient du refus de la vie en soi. Lorsque la vie est libérée, ne reste plus qu’un contentement d’être en vie, la beauté du vécu et l’émerveillement.

Ne plus avoir peur de ses peurs
La peur est une des émotions que nous cherchons le plus à éviter. Nous avons peur de son intensité, de sa sauvagerie, et de faire face à ce qu’elle cache : notre angoisse profonde de la liberté. Intimement, nous savons que se libérer demande d’abandonner tout contrôle. Et cela nous terrorise. Or, d’expérience, j’observe que nous n’avons pas peur de nous abandonner à la vie, nous avons peur parce que nous ne nous abandonnons pas. Lorsque nous sommes libres, nous laissons la vie être et s’assurer elle-même de son bien-être.
En réalité, nos peurs ne cherchent qu’à circuler en nous, car elles sont aussi la vie même. Mais tant que l’espace n’est pas vacant, tant que nous tentons de les refouler, elles prennent le pouvoir. Apprendre à les vivre pleinement et à les libérer est un extraordinaire voyage au coeur de notre sauvagerie la plus profonde. J’ai appris à faire face à la peur, parfois en allant des heures durant dans la forêt m’assoir contre un arbre pour apprendre à voir le mécanisme de mise à distance du mental et laisser la peur enfin me toucher, m’envahir, me dévorer, puis me traverser, pour laisser ensuite place au silence et à une merveilleuse tranquillité. A ces occasions, j’ai ainsi vécu mes premières absorptions à la source de la vie et mes premiers contacts avec la joie d’être qui se présente lorsqu’on accepte enfin de se laisser submerger totalement par la vie en nous.

Laisser la vie jouer librement en nous
Retrouver le sauvage nous demande donc de rouvrir tout l’espace en nous pour permettre à notre vécu intérieur de jouer à sa guise. Et pour cela de voir les mécanismes qui n’autorisent pas cette liberté et les filtres qui empêchent le vécu direct.
Observons qu’à chaque émotion qui se présente, cela se raidi en nous, et que subtilement nous rejetons l’expérience, nous l’approprions ou essayons de la transformer. Nous sommes dans le « faire » et ce faisant, nous transformons l’instant et ne le vivons pas. Au début, nous allons percevoir qu’il y a nous et notre ressenti. Le vécu est indirect. Puis peu à peu, nous allons apprivoiser ce ressenti, moins le mettre à distance. Notre observation va devenir de plus en plus neutre, avec moins de commentaires, de jugement. Notre vécu sera de plus en plus direct, puisqu’il n’y aura plus tout ces filtres du mental pour s’interposer entre nous et notre vécu. Lorsque les commentaires s’arrêtent, que le jugement s’arrête, reste juste l’instant, reste « être ».
Ne cherchons pas à accueillir, ce serait encore modifier le réel. Dans ce regard intérieur de plus en plus nu, de plus en plus aimant, l’accueil va se faire tout seul, sans bruit, sans volonté, sans effort.

De cet accueil va naitre une autorisation profonde à être ce que nous sommes et ce qui se vit en nous à chaque instant. Tout va se dénuder, se simplifier, jusqu’à toucher un vécu profond, intense, direct, libérant un sentiment de sauvagerie inouï, apportant joie, créativité et espièglerie. Nous avons à nouveau quatre ans.

Séverine Millet 
www.laseve-et-lerien.com - severinemillet@gmail.com
Article publié dans la revue Rêve de femmes n°40, hiver 2015 - www.revedefemmes.net
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L'alchimie de la souffrance

Suite aux souffrances
Infligées
Ma sensibilité
Est encore
Aiguisée
Mon corps
N’est plus que harpe
Chantant
La mélodie du vent
Soignant
Les blessures
D’enfance
Que de cassures
Que de hargne
Energies déployées
Pour s’éloigner
Du Soi
Mais le Soi
Dort
& travaille
Quand l’être égaré
Semble s’amuser
Car tout est expérience
Et c’est une science
Que d’y goûter
C’est la porte du Bonheur
Car les tranchantes lames
Ont taillé dans mon cœur
Des pépites d’or
A distribuer.

Suzy Servotte
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Aphorisme, Mollkirch novembre 2015


André

Si j'ai bien compris, le tout est d'arriver à rien !
Mes échecs participent à l'absolue perfection de ce monde.


Claudette

L’Univers est en soi et en tant que soi.

Le charabia mental est interminable ; la vérité naît et meurt dans l’instant.

La violence naît de la souffrance et s’éteint dans un cœur aimant.

La vie s’exprime librement ; les commentaires désobligeant à son égard en font partie.

Être soi est un processus, puis une disposition intérieure.


Darko

Nul besoin de conquérir le monde pour apprendre à mourir, juste s’offrir à cet instant, c’est mourir et renaitre.


Eric

Les courbes du cœur sont les lignes les plus droites. Courbe-toi que je prenne ta mesure. Un sourire partagé est une caresse à être. Derrière les mots se cache la souffrance, derrière la souffrance se cache la quête du bonheur, derrière le bonheur s'étend l'acceptation, derrière l'acceptation.... hummmmm


Evelyn

Retire-toi et laisse la vie jaillir des profondeurs de l'Etre.
Abandonne qui tu crois être et laisse le mystère se révéler.
La grâce est partout en tout à chaque instant. Reconnais-là.


François

Pour sécher le linge, on l'accroche à un fil.
N'accrochez pas la vie aux mots, elle risque de se dessécher.


Gaëlle

Le pluriel est l’éventail du Sois.


Hélène

Sauter dans le vide, et rebondir sur l'éternité.
Au cœur de la joie, la lumière.


Jean-Louis

L’amour moelle substantifique de ce qui Est, a déjà accueilli, de toute éternité, tout et son contraire en son sein. Les évènements ne font que se dérouler sur l’écran de ‘’notre'’ conscience dans une prodigieuse apparence d’espace et de temps…


Marylène

L’oiseau marin plane entre ciel et océan, plonge, s’élève et chante le Tout.


Pascale

Le but à atteindre n’est pas dans le cheminement devant soi mais dans le retour à Soi.
L’autre est juste un merveilleux cadeau qui me révèle une de mes facettes.
Le plus merveilleux des trésors est dans le silence.


Sophie

Quand tu mets de la joie dans ton cœur, ton corps devient joie.
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Disparition de l'observateur

Voici un texte tiré du livre «Transmettre la lumière» de Jean Klein, Éditions du Relié 2005.

A. Je pense que mon problème est de ne pas arriver à faire cesser la ronde des pensées. Je pense que l'observateur est une pensée, mais cela est une autre pensée, et c'est un concept de plus.
JK. Au moment où vous faites ce constat, sortez de l'objet, de l'idée d'observateur ou du sentiment d'être un observateur, et sentez vous dans la vision seule. Je dirais même sentez vous derrière vous-mêmes! En un sens, cela ressemble d'abord à une localisation derrière, à la base de votre crâne.
A. Je vois bien cela, mais aussitôt je le conceptualise.
JK. Vous ne devez pas, vous devez le ressentir comme une perception globale
A. Qu'arrive t-il quand surgit immédiatement la pensée "Maintenant je suis derrière"?
JK. Toutes les pensées sont dans le front, aussi ne pouvez vous pas être derrière et en même temps penser "Je suis derrière". En vous percevant derrière, vous percevez une extraordinaire énergie. Cette énergie n'est pas le courant qui frappe le cerveau et forme un concept. Elle demeure énergie. Elle n'aboutit pas à une formulation: "Je suis ceci ou cela".
A. Donc il y a conscience d'une énergie dans sa globalité, mais il n'y a pas de pensée?
JK. Absolument. Complète absence de toute pensée.
A. Mais il y a encore le désir de s'approprier cette énergie, de faire quelque chose avec elle, de la pousser vers une fonction...
JK. Vous demeurez le maître de cette énergie, en un certain sens elle est encore orchestrée par vous. Vous êtes conscient qu'elle ne glisse pas vers une conceptualisation. Il est important pour vous, à ce moment là, de vous sentir derrière vous-mêmes. Ce sentiment d'être derrière vous-même peut se comparer à cette sorte de sensation tactile que vous éprouvez, quand vous êtes assis là, et que vous la laissez se déployer au contact du mur qui est derrière vous. Vous pouvez certainement le faire - non comme une idée mais comme une perception, comme une sensation. La sensation tactile réside plus ou moins à la surface, mais le sentiment de se percevoir derrière, le sentiment dont je parle, est très puissant. Il peut subsister, pour une seconde, une certaine dualité - qu'il y a quelqu'un qui perçoit et quelque chose de perçu - mais tous deux disparaissent, et il ne demeure que la perception.
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Tu n'es pas le seul...

Si le vent te colle à la peau,
Si tu crois au « manque de bol »,
Si tout te délaisse un peu trop,
Si tu as raté ton envol,
Si la pluie mouille tes espoirs,
Si tu n’as rien pour te laver,
Et si tu as peur du miroir,
Où se regarde l’humanité,
Si la neige efface les traces,
Où tu voulais mener ta vie,
Si tu côtoies trop de rapaces,
Qui ne pensent qu’à leur survie,
Si la terre où tu dois marcher,
Est toujours pleine de cailloux,
Si on te force à avancer,
En te traînant sur les genoux,
Si le soleil brûle ton crâne,
Dans le désert de l’amitié,
Où tant de créatures se fanent,
Où n’existe point de pitié,
Si les étoiles guident tes pas
Et les aurores éclairent ta route,
Aie la foi jusqu’au cœur de toi,
Ne laisse pas poindre le doute,
Si les galaxies te rappellent
Un lointain passé oublié,
C’est qu’en toi une voix t’appelle,
Te guidant vers ta vérité.
Si l’univers où tu te hâtes,
Te ramène à l’éternité,
C’est que tu rejoins tes pénates,
Et que la pièce est terminée.

Théophile
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La source

Que ne t’ai-je rêvée tapie au fond d’un bois,
Entourée de fougères et de mousse alanguie,
Créant le doux murmure où la biche aux abois,
Vient étancher la soif qui lui tient lieu de vie.

Combien je t’ai voulue glisser entre mes pieds,
Chatouillant mes orteils, créant mes rires d’enfant,
Quand mon bateau corsaire en feuille de papier,
Disparaissait au loin dans le gouffre du temps.

Où suis-je allé chercher ce que j’avais quitté,
En courant m’accrocher aux vaines illusions,

Innocent condamné, coupable innocenté,
Le réel n’était plus que ma sombre vision.

Puis vint ce que jamais je n’aurais cru prévoir,
Une immense clarté, la vérité ultime,
Le Je Suis s’imposant sans qu’on puisse le voir,
Ce depuis le néant, à l’infini intime.

Cette source qui coule et irrigue à l’envie,
C’est la mer de la terre et de l’arbre la sève,
La lumière du soleil et l’amour de la vie,
Célébré dans l’union de l’Adam et de l’Ève.

Théophile Fleury
Le 27 avril 2015
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Le parcours

Naufragés volontaires sur l’îlot du néant,
Apprivoisant sans fin notre cher Vendredi,
Nous voyons le désir se fondre en l’océan,
Le radeau du labeur devenir notre vie.

La saison de l'amour qui s'approche à grands pas
Décore peu à peu notre univers changeant.
Les fleurs sont en bouquet et ne résistent pas
À diffuser déjà des parfums enivrants.

À ne pas accepter de se voir autrement,
L’enfermement survient jusqu’à la délivrance,
Où se mélangent alors d’autres lieux, d’autres temps,
Le cristal acceptant sa pure transparence.

Partis à l'aventure d'un autre que nous-mêmes,
Habillés de la peau de multiples acteurs,
Jusqu'à nous rendre fous d'aimer les rôles même,
Nous baissons le rideau en réalisateur.

Le premier cri d'amour de l’âme est un peut-être,
Innocente beauté dans l'accomplissement,
De ce besoin de naître à celui d'apparaître,
L’Infini incarné se révèle au présent.

Croyant la voir ici, elle apparaît par là !
L’unité est ténue dans l'antre des recherches.
Dualité des pensées elle disparaît déjà,
Alors qu’en unité, elle est tout ce qu’on cherche.

Un éclair, une grâce et l’infinie douceur
Que l’on porte à soi-même au travers du regard,
Et c’est la vie qui change, adorable langueur,
Où tout est unité, où plus rien ne s’égare.

Dans la douceur ténue d'un voile du passage,
Quand l'abandon fragile nous drape d'aventures,
Nous découvrons le but qui s'enfuit davantage,
Dans une éternité de rêve qui perdure.

Mais la rivière des vies charrie bien des visions,
Auxquelles nous portons un regard appuyé,
Nous cramponnant parfois jusqu'à la dérision,
Nous plaisant à y croire, aimant nous y noyer.

Dans nos yeux innocents, au creux de notre cœur,
Le Père est là, présent, qui nous sourit, aimant.
Le regard, quant à lui, sait déjà tout par cœur,
Il vit dans l'absolu, l'ici et maintenant.

Et quand la mort exquise, instant de dualité,
Annonce le palier qu’il nous faut dépasser,
Nous grandissons alors dans la continuité,
De l'infinie Présence au Non-Manifesté.

Progressant en conscience, nous bâtissons des mondes
Faits de lumière et d'or, de sons et de couleurs,
Où l'amour est la loi sur une terre féconde,
Où l'ombre d'un jardin devient notre bonheur.

Le désert, qui nous tient éloignés de la vie,
Offre des oasis aux reflets de bonheur,
Donne un cadre, un refuge, au désir assouvi,
Avant de s'estomper en mirage menteur.

À errer trop longtemps dans son propre désert,
À chercher sur la plage, la palmeraie d'un rêve,
On s'écroule épuisé, noyé dans la bruyère,
Acceptant le reflux, le guettant sur la grève.

Rejoindre le silence au plus présent de soi,
C'est donner une chance au bruit de s'adoucir,
C'est écouter chanter la vie que l'on reçoit,
C'est voir dans notre amour la lumière s'éclaircir.

Permission éternelle, de la vie s'écoulant
À travers les moyens que la Source concède,
Tout se meut et prend forme, adapté à l'instant,
Des notes de la lyre, aux rimes de l’aède.

Clairement en présence, en plein cœur de l'oubli,
La puissance s’affirme en un simple regard,
Dans un lieu inconnu où siège l'infini,
Être soi de partout sans être nulle part.

La confiance en l'Amour ne guidera les pas,
De celui qui voudra faire la paix avec lui,
Que lorsqu’enfin l’ego, partageant le repas,
Choisira de s'unir à l'Amour pour la vie.

Quand le je sera nous, au-delà des frontières,
Nous vivrons dans le Un nous adressant à l'autre,
Nous grandirons alors, d'amour la vie entière,
En créant l'univers dans la foi de l'apôtre.

Théo Fleury
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Oser être puissant

Notre peur la plus profonde n'est pas que nous ne sommes pas à la hauteur.

Notre peur fondamentale est que nous sommes puissants au-delà de toute limite.

C'est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraye le plus.

Nous nous posons la question : 'Qui suis-je moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux ?'

En fait qui êtes-vous pour ne pas l'être? Vous restreindre, vivre petit, ne rend pas service au monde.

L'illumination n'est pas de vous rétrécir pour vous éviter d'insécuriser les autres.

Elle ne se trouve pas non plus chez quelques élus. Elle est en chacun de nous.

Et au fur et à mesure que nous laissons bruler notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même.

Si nous nous libérons de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres.


Marianne Williamson – tiré de « A return to love » cité par Nelson Mandela lors de son discours d'investiture à la présidence de l'Afrique du Sud en 1994 .
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Il n'y a que la source s'amusant avec elle-même


Vous pensez que vous devriez être illuminé. Vous l'êtes déjà.
Vous pensez devoir suivre un chemin pour y arriver. Il n'est pas de chemins.
Vous pensez que l'illumination est un but. Il n'est pas de buts.
Vous pensez que vous devez vous transformer vous-même et transformer le monde pour le rendre meilleur. Il n'est rien à accomplir.
Vous pensez pouvoir trouver Dieu en Inde ou au Tibet. Il n'est nulle part où aller. La Conscience est partout la même.
Vous pensez que l'issue de votre parcours personnel est ce qui importe. Cela est égal, quelle que soit la façon dont il se termine.
Vous pensez que l'histoire qui vous arrive est vraie. C'est une illusion, un rêve.
Vous pensez avoir le contrôle de votre vie. Vous n'êtes qu'une marionnette de la Source.
Vous pensez avoir le libre arbitre et la liberté de choix. Il n'y a que la destinée et son déroulement ordonné.
Vous êtes persuadé d'avoir des ennemis. Il n'y a que la Source.
Vous pensez qu'il existe une formule magique pour trouver Dieu. Détendez-vous, vous résidez déjà en Lui.
Vous pensez que le drame de chacun est une réalité. Il s'agit uniquement de jeux de miroirs et d'écrans de fumée.
Vous pensez que Dieu souhaite une conscience plus élevée pour la planète. La Source est uniquement là pour jouer dans la limitation.
Vous pensez que Dieu vous tient pour responsable. Il n'y a pas de karma.
Vous nourrissez jugements, comparaisons, opinions, préférences. Il n'y a que ce qui Est, tel que c'est, exactement tel que cela doit  être.
Vous voulez être quelqu'un d'important et d'apprécié. Soyez, simplement.
Vous redoutez la mort comme l'évènement le plus tragique de votre vie. La mort est la fin de la limitation.
Vous espérez une vie meilleure, pour la prochaine fois. Il n'y a pas de soi pour se réincarner. Il n'y a que Source en tant que JE SUIS.
Vous regrettez le passé, vous vous tourmentez dans le présent et vous craignez le futur. Vous êtes la Source infinie en train de se distraire, détendez-vous !
Vous êtes captivés par de complexes histoires de conspirations. Il n'y a que la Source s'amusant Elle-même.
Vous pensez avoir une raison de vivre. Il n'y a aucun "moi" individuel pour avoir un quelconque dessein. Il n'y a que la Source. Elle a un dessein pour cette apparence.
Vous n'y avez pas accès au travers d'un esprit fini.

Satyam Nadeem, auteur de « De la prison à l’éveil » Éditions Du Relié 2001
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Le rêve de la chenille

Il était une fois… dans une clairière ensoleillée, une petite chenille qui voulait être un papillon.
Malheureuse de sa condition, elle alla à la rencontre de tous les êtres des environs pour les interroger.
   
« Bonjour madame la pierre ! Que dois-je faire pour être un papillon ? » demanda t-elle.
« Je ne sais pas, je suis une pierre ! » répondis la pierre. « Mais j’ai le pouvoir d’accueillir ta peine », répondit elle encore. Alors, la chenille pleura. Soulagée mais encore soucieuse, elle invoqua la pluie.
« Bonjour, madame la Pluie ! Que dois-je faire pour être un papillon ? » demanda t-elle.
« Je ne sais pas, je suis la Pluie !  Mais je peux te laver et te rafraîchir ». Alors, la chenille se roula sous les gouttes qui tombaient d’une averse bienfaisante, puis se sécha au soleil.
« Dis moi, Soleil, toi qui sait faire tant de bien, que dois-je faire pour être un papillon ? »
« Je ne sais pas, je suis le Soleil, et ma qualité est de donner de la lumière et de la chaleur ! ».
Le vent qui passait par là, lui souffla qu’il était bien trop pressé par tout le travail qu’il avait à accomplir, et que toute façon, il n’avait pas de solutions mais qu’il porterait la nouvelle partout où il passerait.

Déçue, elle rencontra en chemin un criquet, puis une fourmi et encore un ver de terre, une mésange, une chouette, un hibou, un cochon, une vache, un cheval, un paysan, une lavandière.
Personne ne savait ce qu’elle devait faire, car aucun d’eux n’était une chenille.

Alors, las et affamée par tant de quête, elle se mit à dévorer chaque pousse, chaque feuille et toute verdure autour d’elle. Elle mangea et mangea encore. Enfin, complètement repue par ce gargantuesque repas, elle s’endormie et plongea dans un rêve sans fin. Un rêve heureux car plein de promesses et de transformations. Un rêve si fort qu’au moment de son réveil, elle se senti pousser des ailes… et à sa première inspiration, elle s’envola !

C’est pour cela que les papillons sont toujours heureux, parce qu’ils vivent le rêve de leur propre nature !
Et il en va ainsi pour tous les êtres de la terre, la terre elle-même, le soleil et chaque chose de l’univers.
Alors, remercions les papillons de nous le rappeler !

Serge Striff
Page Face Book de Serge Striff
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Qui suis-je?

Qui suis-je?
Qui suis-Je?

je ne suis pas mon corps physique
je ne suis pas mes émotions
je ne suis pas mes pensées
ni mes réalisations, ni les biens, le pouvoir, les relations, les connaissances que j’ai pu accumuler
ni la somme de mes actes, de mes paroles, de mes écrits.

je ne suis pas un individu séparé, isolé, indépendant, autonome, distinct;
je ne suis ni l’observateur, ni l’observé.

je ne suis pas ce tissu de constructions mentales que j’appelle moi, la personnalité à laquelle je m’identifie.

je ne me situe pas dans les objectifs à atteindre, la performance, la comparaison, les résultats.

je ne suis ni d’une nation, ni d’une famille, ni d’un sexe, ni d’un groupe.

je ne suis pas le « vêtement » temporaire que je porte;
je ne suis ni dans le passé, ni dans le futur.

Je suis au Centre du Cercle sans contour délimité…

En somme, je ne suis rien…
Pourtant, étant vide, Je participe du Tout,
Je suis Tout;
Il est en Moi, Je suis en Lui.

Je suis la terre, l’eau, l’air et le feu;
Je suis le ciel, les étoiles, les univers, les galaxies, les systèmes solaires, les planètes;
Je suis la nature et la vie, l’arbre, le blé, la fleur, l’animal, le minéral;
Je suis toutes les formes, les couleurs et les notes de la gamme;
Je suis énergie, vibration et oscillation;
Je suis le microcosme et le macrocosme;

Je suis tout cela à la fois.

Je suis au-delà du temps et de l’espace;
Au-delà du visible, des sens, du manifesté et de la diversité;
Au-delà du bien et du mal, du beau et du laid, du féminin et du masculin, de la vie et de la mort; de la dualité.

Je suis Totale interpénétration, intégration, liaison, unification.
Je suis Un.

Je suis sans forme, sans nom, sans odeur, sans goût, sans taille, sans sonorité.
Je suis le non manifesté et pourtant pleine potentialité;
Je suis toutes les possibilités.

Je suis l’Être Éternellement Présent
Ici et maintenant
Le Commencement et la Fin simultanément
Je suis Conscience
Je suis Amour

Je suis.


Éric,
Février 2009
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L'éveil, une réaction en chaîne

L'existence est immensément heureuse quand quelqu'un s'illumine, car l'illumination d'une personne, c'est véritablement le déclencheur de l'illumination de beaucoup d'autres. Cela peut devenir une longue chaîne qui peut se poursuivre pendant des siècles. Par exemple, ce qui a été déclenché par l'illumination de Gautama le Bouddha déclenche encore l'illumination de certaines gens. Vingt-cinq siècles sont passés, mais la chaîne a continué, il s'agit d'une réaction en chaîne.

Quand des millions de cœurs commencent à fleurir, cela devient une réaction en chaîne. Tout comme une bougie allumée peut en allumer des milliers d'autres - il suffit d'approcher suffisamment les autres bougies, et soudain, la flamme saute sur la bougie qui n'était pas allumée. La bougie allumée ne perd rien, et celle qui ne l'était pas gagne tout...

Cela vous réveille, et alors vous devenez conscient que c'est si simple et vous pouvez tirer les autres de leur sommeil. C'est vraiment simple.

Osho