Vous êtes le Réel se reflétant en tant qu’irréel. Tout ce qui est perceptible par les sens est éphémère et irréel.

ÊTRE

Prologue

Si tout ce qu'il y a est conscience, s'il n'y a que conscience, alors pourquoi ou pour quelle raison cherchez-vous encore ? S'il y a seulement conscience, vous devez être cela maintenant, et que tout ce qui apparaît dans et en tant que conscience, y compris votre sens de séparation de moi si c'est ainsi que vous y apparaissez en ce moment. Tout sentiment personnel du "Je" ou d être l auteur des choses» ou l'ego doit être conscience. Que pourrait-il être d autre ?

Je, l'ego, le temps, la pensée, la séparation, - si tout ce qu'il y a est Conscience alors tout cela n'est il pas déjà cette conscience ? Toute apparence d'existence banale, ordinaire, ne peut pas être moins de conscience que toute apparence d'amour inconditionnel, de plénitude, de bonheur, de calme, de silence ou de toute autre chose. Y a t il quoi que ce soit qui doive vraiment se transcender, se trouver ou lâcher prise ?

Pourquoi ne pas vivre dans cette compréhension, sans plus avoir besoin d'attendre l'apparition des signes supposés de «l'illumination» ?

Lucidité

Jusqu'à l'âge de 25 ans environ, je n'avais aucun intérêt pour les questions spirituelles et tout ce que je savais a ce sujet était ce que j'avais appris dans les cours d'éducation religieuse à l'école.

Vers 1985, j'ai rejoint un ordre fraternel qui m'a envoyé régulièrement des cours mensuels concernant le mysticisme et le «droit universel».

Après quelques années, j'ai trouvé cela un peu indigeste et me suis intéressé à l'enseignement d'un professeur indien décédé offert, à nouveau, dans des cours mensuels, ainsi qu'une relation gourou-disciple - même s'il était déjà décédé !

Quelques années et techniques spirituelles plus tard, lassé de cela je suis tombé sur le livre d'un gourou de l'Orient. Ce livre me disait que j'étais déjà éveillé et ne nécessitait aucune libération. La vérité de ce qu'il disait était évidente. Toutefois, il a ensuite commencé, (dans les années suivantes et au cours de quelques livres) a se proclamer le maître du monde et a offrir une relation gourou-disciple avec ceux qui étaient intéressés.

Je n'en faisais pas partie, bien qu'au cours des cinq années suivantes, j'ai lu quelques autres de ses livres et à peu près tous les livres spirituels autres qui pouvaient me tomber sous la main. Mais, rien n'a été aussi tranchant pour moi que le livre de ce gourou de l'Orient. Quelque part en moi je savais que c'était vrai, que j'étais déjà éveillé et libre, mais, j'étais encore confus parce qu'il me semblait simplement être un mec ordinaire avec touts les problèmes habituels des gens ordinaires.

De toute façon, j’ai été écœuré des trucs de ce gars et de tous les autres, puis j'ai frappé à la porte de l'Advaita. J'ai tout lu de et sur Ramana Maharshi, Jean Klein et Nisargadatta Maharaj et tout les écrits de Ramesh Balseker.

Une grande partie de la confusion que j'avais ressentie s'en est allée.
J'ai compris que tout ce qu'il y a est conscience, mais pourquoi je me sentais encore comme un moi séparé ? Quel était le chaînon manquant ? Si j'étais déjà éveillé et libre alors pourquoi ma vie ressemblait elle à un tas de fumier?

En 1997, j'ai lu le premier livre Tony Parson's "The Open Secret".  Je l'ai contacté et il m'a invité à participer à une discussion dans une maison privée à Londres.

J'y suis allé m'asseoir dans la salle bondée et il est devenu clair pour moi que j'avais construit toute une mystique autour de l'illumination.

Tony avait l'air d'un homme ordinaire. Il parlait avec beaucoup d'humour et de patience. J ai écouté ce qu'il a dit en réponse aux questions des gens et j'ai été frappé par la simplicité et la clarté de ses réponses. Je suis allé à plusieurs réunions au cours de l'année suivante et ai parlé à Tony au téléphone aussi souvent que possible.

Je voulais en faire mon «Enseignant», mais il a expliqué qu'il n'avait rien a enseigner, qu'il n'y avait rien à apprendre. Il a souligné qu'il n'y a que Conscience et que je suis déjà cela. Même si je l'avais déjà accepté, cela a vraiment commencé à s'ancrer en moi. Tony a souligné qu'il n'est pas nécessaire d'associer toute sorte d'«événement» à la reconnaissance de votre nature consciente.

Eh bien, quand c'est arrivé, en Septembre 1998, une manifestation a eu lieu.
J'étais en train de jardiner et une légère pluie tombait. Je levai les yeux et il y avait un sens subtil de «moi» sans être là. J'ai pris mon vélo et j'ai fait le tour des allées et cela ressemblait a la projection d'un film se passant sans aucun effort de ma part pour y prendre part.

Même si Tony a fait observer qu'aucun événement est nécessairement associée avec la reconnaissance de votre nature en tant que conscience, j'en ai de toute évidence attendu subtilement un, parce que lors de la survenue de cet événement, ou de cette expérience, je me suis donné la « permission » d'être éveillé. J'avais attendu une confirmation.

J'ai appelé Tony et tout excité lui ai expliqué ce qui se passait et, après m'être donné
 la « permission » d'être éveillé, je me suis permis de parler depuis clarté de la compréhension qui s'était développée au cours du processus de ma recherche avant que l'événement n'ait lieu. Je ne me suis plus adressé à Tony en tant que chercheur et il a reconnu que je parlais maintenant depuis ma nature en tant que conscience.

Maintenant, après avoir associé cette expérience avec l'éveil, j'ai commencé à en faire quelque chose de précieux.

Je me suis réveillé le lendemain. Etait-ce toujours là ? Oui!
Puis, après quelques jours, j'ai remarqué que l'expérience s'émoussait un peu, mais quelques jours plus tard, elle était a son comble à nouveau. Après quelques semaines de va et vient et d'essais pour m'y accrocher, je suis allé à l'une des discussions de Tony et l'expérience semblait être pleinement là mais quelques jours plus tard, elle disparu complètement. Je n'ai rien dit à Tony à ce sujet et Je n'allais plus aux réunions pendant un moment. Je me sentais a nouveau confus.

Puis il m'est arrivé de lire un livre intitulé "Collision with the Infinite" par une femme appelée Suzanne Segal qui, au cours de nombreuses années, a eu cette expérience en continu. Après plusieurs années il a été confirmé par certains «maîtres» qu'il s agissait bien de «l'illumination». Puis elle est tombée malade et mourut, et, dans la postface du livre de Suzanne qui a été écrit par un ami thérapeute, j'ai lu que près de la fin, elle était devenu confuse et frustrée parce que l'expérience l'avait quittée.

C'était cela ! Soudain, il était absolument clair pour moi que ces expériences - que j'appelle événements ou expériences transcendantales - n'ont en fait rien à voir avec la lucidité. Une expérience transcendantale peut durer quelques secondes ou dix ans ou peut-être même le reste de votre vie, mais une expérience transcendantale est juste une expérience.
Beaucoup de gens ont vécu ces expériences, puis l'expérience est partie et souvent la personne se retrouve avec un désir de renouvellement. Ils pensent qu'ils ont eu un avant-goût de «l'illumination», alors que tout ce qu'ils ont eu, c'est une expérience transcendantale. Marcher dans la rue est une expérience, mais elle est si ordinaire que vous ne cherchez pas plus a la renouveler.

La confusion était partie. Je savais ce que je suis sans aucun doute et il a été évident que j'avais déjà été cela toute ma vie. Je ne sollicitais plus aucune expérience pour me le prouver.

L'ensemble de ma «recherche spirituelle» a été ajoutée à ce que je suis déjà et j'ai compris aussi pourquoi les gens sont confus autour de cette question dans son ensemble. Pourquoi ils confondent «spiritualité» avec lucidité.

Cette reconnaissance de ma vraie nature n'a été associée à aucun événement ou une expérience transcendantale. Il était clair qu'une expérience transcendantale de toute nature amène la confusion si elle survient avant que vous reconnaissiez avec clarté votre nature en tant que conscience.

Il est évident que l'événement qui a été vécu n'avait rien à voir avec la clarté de la reconnaissance. La survenue de l'événement a mis fin à la confusion et m'a permis de voir clairement à quel point j'avais été subtilement en attente de la permission d'être ce que je suis déjà.

Je vois maintenant qu'aucun événement n'a de signification quelconque à la lumière de la clarté ordinaire et quotidienne de ce que vous êtes vraiment.

Tiré de « Être » Nathan Gill aux Éditions Accarias Originel
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