L’espoir est la pire et la meilleure chose qui soit. Grâce à l’espoir nous survivons. À cause de l’espoir nous nous coupons de ce qui est, ici et maintenant. Le moindre espoir que la vie soit autrement que ce qu’elle est la réduit et la ternit.

JE SUIS

Au commencement est JE SUIS…

JE SUIS est. C’est tout.

JE SUIS est, sans toutefois être toujours conscient de qui il est.
Chez certains individus, il s’expérimente en étant conscient de lui-même, chez d’autres il en est inconscient. Chez vous, JE SUIS en est-il conscient… ou plutôt inconscient ?

Pour que JE SUIS passe de… inconscient à… conscient de lui-même, la conscience doit faire son apparition.
Et la conscience d’être voit le jour.
Lorsqu’il est conscient de lui-même, JE SUIS voit qu’il est illimité… infiniment vaste… sans contenu… éternel.
JE SUIS est potentialité, porteur du germe de toutes manifestations.
JE SUIS est source et principe créateur.

Vous êtes ce JE SUIS dont il est question.

L’ultime vérité est : JE SUIS ou JE SUIS CELUI QUI EST.
Ensuite viennent… je suis Conscience, je suis Amour, je suis Source.

JE SUIS est totalement libre de reconnaître ou d’ignorer qui il est.
JE SUIS est libre de sentir et expérimenter tout ce qui est.
JE SUIS est libre d’accueillir ou de rejeter, de goûter ou de se fermer à tout ce qui est. JE SUIS est totalement libre.

Lorsqu’il est inconscient de sa nature véritable, JE SUIS s’expérimente à travers l’ego, une idée mentale à propos de soi.
À partir de l’ego, la séparation et la dualité sont expérimentées.
À partir de JE SUIS, l’unité est expérimentée.
L’unité peut par ailleurs être expérimentée, sans la conscience de qui JE SUIS.

À partir du point source JE SUIS, tout est toujours parfait et totalement accepté. L’acceptation inconditionnelle s’exprime par : ce qui est, EST.

Vous qui lisez ces lignes, êtes sans doute conscient que vous êtes le JE SUIS dont il est ici question… un JE SUIS devenant de plus en plus conscient de lui-même.
Il est aussi possible que cette évidence soit niée. Cette négation serait alors le jeu de JE SUIS dans la forme que vous appelez « moi » .

JE SUIS se définit par « absence de tout ».
Comment devenir conscient que ce que je suis est « absence de tout » ? En expérimentant : je suis l’ego, le corps, le mental, un enseignant, un canadien, etc. Puis… un jour, la lumière intérieure s’intensifie et certaines croyances fondamentales sont remises en question. Petit à petit, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas notre ego, notre corps, notre mental, ni tout le reste, mais que nous avons tout cela. Soudain, surgit l’évidence que je ne suis pas tout ce que j’ai. Il y a dissociation, désidentification. L’expérience de tromperie a eu pour utilité de révéler qui je suis par l’expérimentation de ce que je ne suis pas.

Conclusion : tout ce qui est expérimenté, tout ce qui est défini et limité n’est pas Soi, c’est une manifestation du Soi.

JE SUIS n’est pas quelque chose de particulier, JE SUIS est à la fois, tout et rien.

Se reconnaître en tant que non-manifesté, vastitude silencieuse, est déjà une connaissance substantielle. Se reconnaître en chaque manifestation est… un divertissement exquis du Soi.
Imaginez que vous êtes au centre d’une pièce entourée d’une multitude de miroirs… Tout ce qui est reflété dans chaque miroir est un reflet de soi.
Maintenant, regardez en vous et autour de vous, et réalisez que tout ce que vous percevez est votre reflet.

JE SUIS s’incarne et s’expérimente à travers une forme humaine, vous, et à travers quelques milliards de formes humaines. Au cours de son expérience dans une forme humaine, JE SUIS s’identifie si passionnément au corps et au mental qu’il s’y absorbe totalement.
Durant cette expérience, JE SUIS occulte qui il est, se distrayant avec les phénomènes qu’il observe. Sa véritable identité étant occultée, il s’en crée une fausse, l’identité égotique : « moi ». Celle-ci sera alors vécue comme étant l’unique et véritable identité. Ce « moi » est une expérience de JE SUIS. Il aura les mêmes caractéristiques que toutes les expériences, il sera limité et temporel. JE SUIS, originellement illimité et intemporel, s’expérimente dans la limitation et la temporalité.

JE SUIS, faisant l’expérience de s’identifier au corps et au mental, c’est vous… vous qui lisez ce texte. Vous le lisez, parce que vous êtes suffisamment conscient pour ressentir que ce qui vient d’être énoncé est la vérité… même si ce n’est pas encore totalement évident.

Dans l’expérience JE SUIS, inconscient de lui-même et identifié à un moi personnel, JE SUIS porte essentiellement son attention sur les phénomènes. Il est tellement fasciné par les phénomènes et leurs bénéfices sensoriels, qu’il en oublie qui il est. L’attachement au plaisir des sens est alors expérimenté. JE SUIS s’implique avec autant d’intensité dans les phénomènes douloureux. Aussi longtemps que durent l’attachement et l’ignorance, l’expérience d’être limité se prolonge.

Tant qu’il y a la croyance que le « je » mental est « qui je suis », le système complexe qui assure la survie du « je » continue à régner et la volonté personnelle dicte notre conduite. La recherche de plaisirs sensuels, la gratification de soi et le besoin de contrôle occupent une grande place. La vie se résume alors à une succession d’évènements que nous tentons de gérer aux mieux de nos intérêts.

L’amour passionné et déraisonnable pour Être dissipe la séparation.

Plusieurs d’entre vous sont sur le point de terminer l’expérience « j’ignore qui je suis » et sont prêts à découvrir leur véritable identité. Un processus où s’entremêlent questionnement, aspiration à la liberté, impuissance et désir que cesse la souffrance, s’installe entre le moment où nous sommes inconscients de qui nous sommes et l’instant où nous en devenons conscients.

La recherche de « qui nous sommes » est un jeu de cache-cache de Soi avec soi. Un jeu qui peut durer longtemps…

Lorsque JE SUIS se reconnaît, il voit que le monde est en lui, que les phénomènes surgissent et meurent en lui. À partir du Regard un, il embrasse la réalité. Il pénètre toute chose de son regard, se reconnaissant en tout. Ancré dans la Réalité une, toute chose incarnée lui apparaît comme faisant partie d’un rêve. Un rêve qui lui semble lointain. Au premier plan se déploie l’immensité silencieuse JE SUIS, au second plan apparaissent les phénomènes. Les pensées n’adhèrent plus. Il en va de même pour les émotions et les sensations physiques. Elles sont reconnues pour ce qu’elles sont, des phénomènes apparaissant et disparaissant librement en soi.


Extrait de Voyage au cœur de soi, Claudette VIDAL, Ed. Accarias l’Originel 2015
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